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25/09/2016

Les youtubeurs de gauche renouvellent le discours militant

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Cyrille CRESPY, L'Humanité

Le mouvement contre la loi travail a permis aux internautes de découvrir sur Youtube, entre autres, une lecture moderne des idées progressistes. Ils sont drôles. Ils sont pertinents. Et surtout, ils donnent du souffle aux progressistes : les youtubeurs de gauche ont gagné, avec le mouvement , une visibilité bienvenue. Même s’ils proposent depuis des années un contre-discours structuré face à celui de l’extrême droite, dominant sur la Toile.

Car ce qui anime la plupart des vidéastes engagés, c’est un sentiment d’urgence. Usul a commencé dans cette optique. D’abord chroniqueur, déjà de gauche, spécialisé dans les jeux vidéo, il opère un tournant, voici deux ans, avec Mes chers contemporains. Tout en malice, et de façon très argumentée, il s’amuse à y démonter David Pujadas et le système médiatique. Ou à analyser les propositions de Bernard Friot, théoricien du salaire à vie. Usul s’inquiète ainsi du fait que les identitaires de tout poil « fournissaient sur Internet une grille critique à des gens qui étaient en manque total de repères idéologiques, mais aussi politiques ».
 
Il craint alors qu’un nouveau public se laisse happer par un discours réactionnaire faute d’alternative audible. D’autant que cette hégémonie passe aussi par le discours des « confusionnistes », ces sites et personnalités qui sous une apparente critique sociale ou démocratique masquent un fond particulièrement rance. Ludovic Torbey, d’Osons causer, se préoccupe aussi de la nécessité de « faire contrepoint pour permettre aux gens d’avoir autre chose à manger que les Soral, les confusionnistes, les trucs sur les pyramides, et (…) la propagande de l’EI ». Car, en dehors de l’extrême droite classique, un autre discours fasciste tente de percer sur la Toile, celui d’un islamisme qui récupère une religion pour en tirer une idéologie réactionnaire et haineuse.
 
Or, pour le jeune vidéaste, qui a grandi à Strasbourg, ce besoin d’un contre-discours est aussi une réponse à un discours fascisant qui emprunte des contours religieux. « J’ai des amis à moi à Strasbourg qui sont morts en Syrie » après avoir été séduits par le discours des terroristes. « Ils sont partis avec un des tueurs du Bataclan (…), dans un groupe de Strasbourg qui est parti voir Daech. » Du coup, il a eu envie de se lancer dans un projet « plus politique, à but immédiat », lui qui, quelques années en arrière, songeait plutôt à écrire un livre « plus sérieux » pour théoriser la nécessité pour les intellectuels de « susciter l’indignation ».
 
Susciter l’indignation, donner des clés pour réfléchir. Et revenir aussi à quelques valeurs de base. Buffy Mars est une des rares jeunes femmes de ce créneau. L’étudiante en communication prend appui sur la pop culture avec sa chaîne Youtube consacrée aux séries. Mais attention : Buffy Mars s’amuse, avec un art consommé de la rhétorique, à déconstruire les schémas de pensée à l’œuvre dans les séries.
 
Elle peut ainsi analyser « les femmes dans les séries, ce que les séries ne montrent pas » ou « Downton Abbey, quand l’histoire se met au service des riches », tout en avouant adorer la série. Elle aide du coup à lutter contre les rapports de domination dans la société, et notamment contre le machisme ambiant. Et tient également un blog, dont les articles sont ouvertement engagés (www.buffymars.net). Et pour elle, les deux exercices relèvent de la même logique, car, lorsqu’elle évoque des sujets légers, « les valeurs que je partage, on les retrouve quand même un peu derrière ». C’est pourquoi, selon elle, « il y a toujours de l’engagement politique », au sens « des organisations et des structures qui mettent en place la société », dans ces sujets. Même si ce n’est pas le sujet de base.
 

Des vidéastes unis par le mouvement contre la loi travail

Ce n’est donc pas un hasard si, malgré leurs différences d’approche, ces youtubeurs se sont retrouvés unis par le mouvement contre la loi travail. Nombre d’entre eux ont soutenu activement le mouvement , dont le but était de redonner la parole aux sans-voix en incitant les travailleurs, les demandeurs d’emploi, les étudiants et les retraités à raconter leurs galères quotidiennes et leurs humiliations vécues.
 
Histony s’est spécialisé dans des vidéos antirévisionnistes en histoire. On ne saurait trop vous conseiller sa vidéo sur les émissions de Stéphane Bern, Robespierre ou Charles Martel : en montrant la façon dont se construit le roman national, il parle d’aujourd’hui. Avec talent. Et il le clame : son camp, c’est celui « des gens qui sont plutôt orientés à gauche et plutôt déçus de la politique » et qui s’organisent « dans le cadre des Nuit debout ou des manifestations ». Car la critique des institutions, même des institutions progressistes, est un autre point commun de ces vidéastes. « Tout le monde est un peu lassé des organisations traditionnelles », y compris syndicales ou politiques, explique ainsi Usul. Idem chez DanyCaligula, qui s’intéresse à la politique après avoir réalisé de nombreuses émissions sur des concepts philosophiques.
 
Il se définit ainsi comme abstentionniste « conscientisé » et défend son rejet des institutions électives, qu’il considère comme illusoires. Mais plus globalement c’est l’ensemble des structures existantes que le philosophe de formation cherche à déconstruire : pour lui, face à l’individualisme fabriqué par la société de consommation, syndicats et partis n’ont pas su se montrer efficaces pour sortir d’une société « qui valorise la concurrence, l’égoïsme ». Là réside la grande attente de ces vidéastes : de nouvelles structures plus horizontales, pour repenser une pensée progressiste du XXIe siècle. Mais les idées progressistes ne sont pas condamnées à être inaudibles, malgré le contexte politique compliqué. Pour Usul, « l’idée, c’est d’adapter un certain esprit de cette culture, tout en lui donnant un habillage un peu plus moderne et en le débarrassant du superflu ». Autrement dit garder les idées fondamentales, mais leur faire prendre une forme plus digeste pour l’internaute d’aujourd’hui.

Les vidéos d'Osons causer, très courtes, surtout pensées « pour Facebook »

Avec cette volonté de toucher un public plus large que celui des conférences par exemple, les vidéastes essaient de trouver la recette idéale pour parler au spectateur « sans le prendre pour un con, ce qu’il n’est en général pas du tout », explique Usul. Pour y parvenir, chacun a sa petite recette. Celle de l’ancien chroniqueur de jeuxvideo.com, c’est d’éviter de tomber dans un enfermement culturel avec un public déjà politisé. Les artifices de montage ne sont en général pas bien vus par ces vidéastes. Histony est ainsi de la vieille école.
 
Il réalise ses montages sans artifices ni effets spéciaux. Son choix, radical, est à rebours d’une grande partie du paysage audiovisuel. Mais est parfaitement assumé. Car, pour le jeune homme, le rythme effréné de course à l’audience induit que le téléspectateur est « un récepteur beaucoup moins attentif au message et beaucoup moins critique ». Il disperse son attention, en somme. En choisissant au contraire un format très épuré, il parvient à convaincre un (modeste) public lassé des émissions privilégiant la forme sur le fond. Une leçon bien comprise depuis longtemps par l’extrême droite, qui, avec des vidéos à la forme très sobre, parvient à faire passer des messages conspirationnistes, antisémites… simplement en donnant aux spectateurs « moins l’impression d’être pris pour des imbéciles que la télévision, qui essaie toujours de maintenir une attention finalement factice ».
 
Entre la mise en scène sobre et l’affirmation claire de ses opinions, l’objectif est clair : permettre aux internautes d’« être méfiants et de voir si je ne me laisse pas dépasser par ce à quoi je crois ». Et d’éviter les manipulations. L’ancien enseignant-chercheur estime qu’« il est trop facile de critiquer les manipulations qui viennent d’en face, par exemple de l’extrême droite » – même si cela peut être salvateur – car « il faut aussi voir celles qu’on pourrait être tenté d’employer pour y répondre ». 
 
La petite équipe d’Osons causer a décidé, quant à elle, de mettre l’accent sur les réseaux sociaux, avec des contenus adaptés pour avoir une viralité maximale. Les vidéos réalisées ces dernières semaines sont ainsi très courtes, mais surtout elles sont pensées « pour Facebook » car elles sont « sous-titrées pour pouvoir être suivies et engageantes tout du long, même sans son ». Un détail crucial sachant que, sur Facebook, la vidéo apparaît d’abord muette dans le fil d’actualité de l’utilisateur. Du coup, en ces temps de mobilisation sociale, les partages se multiplient autour des vidéos qui tentent d’asseoir la légitimité des manifestants. Pour Ludovic Torbey, la forme a aussi son importance dans la diffusion des idées car, comme le disait Spinoza, personne n’est convaincu uniquement par « la force intrinsèque de l’idée vraie ».

Les reporters de la toile harcelés de messages haineux, au contenu machiste et raciste

Pour autant, pas question de fanfaronner sur ce nouveau média. Car les rapports de domination existent aussi sur la Toile. « Ce n’est pas parce qu’Internet est une nouvelle structure que les individus qui y viennent ne sont pas structurés par d’autres influences », lance DanyCaligula. D’ailleurs, « si on regarde qui parle le plus » sur les sites de vidéos en ligne, « on trouve principalement des hommes ». Le machisme et le racisme peuvent d’ailleurs concerner les vidéastes. Buffy Mars y a été directement confrontée : harcelée de messages haineux, voire de menaces sur son intégrité physique, elle a été obligée de porter plainte. Comme quoi, sur Internet, l’égalité et la diversité restent, comme ailleurs, un combat quotidien. 
 
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20:19 Publié dans Internet, Réseaux sociaux, Vidéo | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : you tube, contestation | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | |

08/09/2016

Voici venu le temps de la Cerise, réseau labellisé « Humanité »

lacerise.pngClaude Baudry, L'Humanité

Cela fait un moment que l’idée d’un réseau social estampillé « Humanité » trotte dans la tête des équipes du journal. Des étudiants de Marne-la-Vallée avaient même proposé un projet que les finances de l’Humanité n’ont pas permis de mener à terme. C’est avec l’aide de Linagora, leader du logiciel libre dirigé par Alexandre Zapolsky, que ce « réseau de mobilisation sociale » baptisé la Cerise verra le jour, vendredi à la Fête.

« L’Humanité défend des causes humaines, solidaires, sociales, pacifiques, culturelles mais aussi locales », rappelle Patrick  Le Hyaric, directeur de l’Humanité, qui relève que deux Fêtes de l’Humanité avaient pris la cerise comme logo, symbole du temps des espoirs et des jours heureux. Le temps de la Cerise est donc venu.

Les concepteurs, Christophe Clouzeau et Harold Goguelin, ont dirigé une quinzaine de personnes depuis cinq mois pour créer ce réseau inédit. La Cerise, c’est un peu les plateformes comme Facebook ou Twitter, les sites de pétitions comme change.org ou ceux de financement participatif. « L’Humanité est un vecteur d’idées progressistes, la Cerise se veut un outil pour la mobilisation », indiquent-ils. La communauté Humanité touche 700 000 personnes sur Facebook. C’est un atout. Petites et grandes causes, de l’arrêt de bus à déplacer à la lutte pour la démocratie en Turquie en passant par les débats dans les collectivités locales, les acteurs de l’économie sociale et solidaire vont trouver un outil de mobilisation.

« Ce réseau social est indépendant des géants du Web », indique Harold Goguelin. Il a pour objectif de rallier toute la communauté, de proposer, débattre et voter pour des causes et de trouver les modalités pour passer à l’action. C’est bien sûr l’usage qu’en feront les utilisateurs qui fera le succès de la Cerise labellisée par l’Humanité. L’application sera disponible gratuitement sur Google Play et App Store et sur le site www.la-cerise.org. Un outil pour faire cause commune.

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13/08/2016

Pourquoi censurer les contenus djihadistes est bien plus difficile qu'une poitrine

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Pi.M. Vendredi, 12 Août, 2016 Humanite.fr

La radicalisation djihadiste sur Internet est devenue un point de cristallisation fort du débat, à tel point que des élus LR veulent assigner en justice les réseaux sociaux pour complicité. Il faut pourtant bien comprendre que si Facebook peut supprimer en un clin d’œil une photo de poitrine dénudée, le processus pour repérer un discours djihadiste n’est pas le même.

Si Facebook est (parfois) si rapide pour supprimer une poitrine ou une paire de fesses dénudées, c’est qu’un algorithme veille au grain. Le programme a intégré les caractéristiques mathématiques des parties de l’anatomie qui doivent rester cacher selon sa charte d’utilisation et se révèle relativement efficace. Même si on relève des cas de coudes ou d’aisselles opulentes injustement censurées. Cet algorithme reste une machine qui repère des formes et qu’on peut piéger facilement.

Comment appliquer cette même recette à la propagande djihadiste ? Impossible de le repérer par une caractéristique physique ou anatomique. Et si l’algorithme va chercher des mots, ou des associations de mots comme djihad, kamikaze, Syrie, Daech… Les articles de presse, les prises de parole politique, les interviews de chercheurs, les associations qui luttent pour et bien d’autres encore tomberont sous le coup de la censure aveugle et automatisée. De la même manière bien des œuvres d’art ne passent pas le filtre anti-nudité bête et méchant des réseaux sociaux. Et puis il suffit d’ajouter une faute d’orthographe intentionnelle pour rendre ces détections par mots inopérantes.

Idem pour les images ou les vidéos de propagande -ou même d’exécution- diffusées en masse. Une machine ne peut pas faire simplement la différence avec la bande annonce du dernier blockbuster guerrier américain.
Pour l’instant seule l’intervention humaine, suite au signalement des internautes vigilants ou des autorités est fiable. Et puis cela a créé des centaines d’emplois.
Le gouvernement français d’ailleurs ne chôme pas et a fait fermer 38000 pages Facebook en 2015, de loin en tête de tous les pays. A comparer aux 6500 de Turquie, 550 d’Allemagne, 430 d’Israël ou aux 80 fermées par la Russie…

L’algorithme Deep Text

Après des années de travail, Yahoo!  pense pouvoir bientôt lancer chez Facebook son intelligence artificielle capable de censurer tant la nudité que les contenus violents et les discours d’appels à la haine. Une tâche extrêmement difficile puisqu’il faut que la machine comprenne le sens du texte (et donc la langue), son contexte et qui est son auteur. L’algorithme nommé Deep Text est en test et a passé au crible 2 années de commentaires d’articles publiés chez Yahoo! avec un taux de fiabilité de 90%. 

Il repère le sens des mots, mais aussi la ponctuation et les formes syntaxiques associées aux injures. Il est capable d’apprendre le sens de mots en argot ou de ne pas se laisser piéger par l’orthographe. Les métaphores en revanche le trompent complètement et il faudra dans tous les cas abandonner l’ironie, le sarcasme et le second degré…
En outre, si cet algorithme pourra supprimer toutes insultes les plus courantes, il lui est impossible en revanche d’aller regarder les vidéos de prêche ou d’exécution pour repérer la propagande djihadiste…

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18/04/2016

Malgré les "Panama Papers", une majorité des eurodéputés français votent une directive sur le secret des affaires

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Droite, FN et PS font passer la directive sur le secret des affaires

Quand François Hollande se réjouit des révélations de fraude fiscale via les Panama Papers, c’est du flan : au Parlement européen, aucun élu du groupe socialiste français n’a voté contre la directive sur le secret des affaires, propre à dissuader à l’avenir toute révélation de ce type.

« Ce texte est le reflet d’une société qui préfère l’opacité des affaires à l’information libre », ont accusé Patrick Le Hyaric, Marie-Christine Vergiat, Jean-Luc Mélenchon et Younous Omarjee, eurodéputés Front de gauche. Trois des douze élus PS se sont abstenus (Emmanuel Maurel, Édouard Martin et Guillaume Balas), les autres votant pour.

Le FN, « Les Républicains », le Modem, le PRG ont aussi voté pour, à quelques exceptions. Seuls le Front de gauche et Europe Écologie-les Verts (EELV) ont voté contre. Au final, le texte a été adopté à 77 % par le Parlement, dans une version qui ne définit pas précisément la frontière entre secret des affaires et intérêt public général.

L'affaire des Panama Papers a secoué le monde avec la publication de 11,5 millions de documents, décryptés par plusieurs médias. Ce scandale a pu éclater grâce à un lanceur d'alerte "dont l'identité reste protégée". Ce dernier a contacté un journal allemand, Süddeutzsche Zeitung, qui a ensuite transmis les informations à d'autres médias et plus précisément au Consortium international de journalistes d'investigation. Selon l'émission Cash Investigation, il faudrait 26 ans pour analyser la totalité des données collectées dans cette affaire. En France, les révélations ont principalement concerné la Société Générale. La banque est soupçonnée de détenir 979 sociétés offshore. Selon les informations du Monde, l'entreprise aurait opéré via sa filiale luxembourgeoise afin de mettre en place un mécanisme international d'évasion fiscale.

Autre cible des Panama Papers : le Front national. Des proches de Marine Le Pen, Frédéric Chatillon et Nicolas Crochet, seraient impliqués dans l'affaire. Les deux hommes avaient déjà été mis en examen dans le cadre de l'enquête sur le micro-parti de Marine Le Pen et le financement des campagnes présidentielle et législatives de 2012.

Protéger les entreprises face au risque d'espionnage

Le scandale des Panama Papers a fait réagir la classe politique française et en particulier François Hollande, qui avait annoncé que ces révélations donneraient lieu à des "enquêtes" fiscales, ainsi que des "procédures judiciaires", en France. Mais dans les faits, les partis politiques semblent avoir pris du recul par rapport à l'affaire. Le 13 avril dernier, le Parlement européen, dont des eurodéputés Les Républicains, socialistes et du Front national, a voté la directive sur le secret des affaires. Selon le site Vote Watch, 503 eurodéputés ont ratifié le texte, contre 131 qui s'y sont opposés. 99 étaient absents et 18 se sont abstenus. 

À quoi sert cette directive ? Ce texte vise "à mieux protéger les entreprises européennes réputées vulnérables face à l'espionnage économique et industriel, surtout les PME", explique Le Monde. Cette directive a été lancée à la fin de l'année 2013 par Michel Barnier. Elle garantit ainsi qu'en  cas de "vol, acquisition ou d'utilisation illégale des informations confidentielles, la victime pourra défendre ses droits devant les juridictions civiles de la même façon partout en Europe", poursuit le journal. Cependant, ce texte ne fait pas l'unanimité auprès des eurodéputés verts. Selon eux, une définition trop vague du secret des affaires pourrait entraîner "l'absence d'une protection spécifique pour les lanceurs d'alerte". "Si les journalistes ne peuvent être condamnés pour avoir fait leur travail, alors il faudrait que cela soit expressément écrit dans le texte, or cela ne l'est pas", explique au Monde l'eurodéputé écologiste français Pascal Durand.

Les lanceurs d'alerte en danger ?

Le vote du Parlement européen et des politiques français pourraient ainsi se retourner contre les lanceurs d'alerte et les journalistes d'enquête. Élise Lucet a d'ailleurs posté un message sur Twitter où elle écrit : "Informer n'est pas un délit. Messieurs et Mesdames les députés européens, ne votez pas la directive secret des affaires !!!" Dans un autre message, la journaliste à la tête de l'émission Cash Investigation explique qu'il s'agit d'un "danger sur le journalisme d'investigation économique !!"

Sources l'Humanité et RTL