Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

20/03/2019

Les chaînes télé déroulent le tapis rouge devant Marine Le Pen

MLP.jpg

Depuis le début de l’année, les représentants du Rassemblement national (RN) se bousculent aux portillons des chaînes d’information en continu. Sur la période allant du 1er janvier au 17 mars 2019, on ne dénombre pas moins de 161 invitations sur BFM-TV, Cnews, France Info ou LCI, soit plus de deux apparitions par jour en moyenne.

A elles seules, BFM-TV et CNews comptent pour 131 invitations. Cette omniprésence des représentants du parti d’extrême-droite s’accompagne d’un traitement médiatique tout en complaisance à l’égard de Marine Le Pen. À longueur d’émissions spéciales sur « la dynastie Le Pen », d’interviews bienveillantes, de commentaires élogieux, la présidente du Rassemblent national (RN) bénéficie d’une couverture d’une complaisance sans égale. Retour sur cette édifiante séquence de promotion médiatique.

Dès la mi-janvier, BFM-TV célébrait en fanfare la rentrée politique de Marine Le Pen avec une émission spéciale, promue à grands renforts de bandes-annonces. Au programme, « une grande enquête » sur « un feuilleton politico-familial qui passionne les Français depuis plus d’un demi-siècle, la dynastie Le Pen », avec « des secrets, des pardons et des trahisons ». Bref on l’a compris, rien ne sera épargné aux téléspectateurs, dans ce que Samuel Gontier décrit comme une « entreprise de dépolitisation parfaitement menée, à force d’anecdotes insignifiantes et d’exégèses psychologisantes [1]. »

Le soir même sur le plateau de BFM-TV, les commentaires donnent le ton : « Il y a ce côté Dallas et Dynastie, les séries américaines », commente ainsi Olivier Beaumont du Parisien. Et d’évoquer « un clan qui s’est toujours invité dans le foyer des Français. » Invité certes, mais par qui ? Pour le présentateur Bruce Toussaint, l’histoire des Le Pen est « une saga incroyable », qui est « à la fois une histoire de famille et un pan de notre histoire politique. » Rien que ça. La diffusion de cette émission spéciale tombe d’ailleurs à point nommé : « Marine Le Pen qu’on disait carbonisée par la dernière élection présidentielle […] est en train de tirer profit de la crise des gilets jaunes ». Une affirmation sans appel, sur la foi de sondages prédisant un score élevé pour le Rassemblement national. Et constituant vraisemblablement une raison suffisante pour dérouler le tapis rouge à sa dirigeante [2].

Une autre séquence s’ouvre le 17 février. Alain Finkielkraut est invité sur BFM-TV par Apolline de Malherbe, en réaction aux insultes proférées la veille à son encontre, en marge d’une manifestation de gilets jaunes. Au cours de cet entretien, il délivre un satisfecit à la présidente du Rassemblement national : « Qui a dénoncé immédiatement les attaques dont j’ai été l’objet ? Marine Le Pen. » Pour lui, le RN ne figure pas parmi « les vrais fauteurs de haine ». D’ailleurs, ce serait « une incroyable paresse de pensée que de revenir sans cesse aux années 1930 et au bon vieux Front national de papa ».

Cette invitation a été l’amorce d’une nouvelle salve de commentaires complaisants à l’égard du Rassemblement national [3]. Sur le plateau de « BFM Story », l’éditorialiste Anna Cabana est catégorique : au lieu de parler d’antisémitisme d’extrême-droite, on ferait mieux de parler d’un antisémitisme d’extrême-gauche. La preuve ? « Quand on discute avec Alain Finkielkraut de ce qui s’est joué pour lui […] il vous parle des zadistes, il vous parle des gauchistes ». On ne peut pas reprocher à Anna Cabanna de ne pas avoir de suite dans les idées : le lendemain, elle invite Marine Le Pen à un entretien chaleureux et complaisant sur i24. L’occasion pour la présidente du RN de pontifier sur l’« antisémitisme islamo-gauchiste » qui serait le « danger le plus flagrant, le plus évident aujourd’hui ».

En mars, c’est LCI qui prend le relais. La chaîne d’information en continu y va, elle aussi, de sa soirée spéciale sur le « renouveau » de la dirigeante du Rassemblement national. Dès le journal de 17h, la présentatrice annonce la couleur : « Elle est jugée volontaire, capable de prendre des décisions et de comprendre les problèmes quotidiens. L’image de Marine Le Pen s’est considérablement améliorée auprès des Français. [4] ». A 18h, David Pujadas annonce quant à lui « un retour en grâce ». Des affirmations à nouveau appuyées à grand renfort de sondages.

Au sommaire de cette soirée, surprise ! Un « grand document » sur « le roman vrai d’une dynastie politique », avec les « confidences et confessions de trois générations Le Pen ». Avec originalité, LCI marche dans les pas de BFM-TV. Pourquoi au juste cette émission spéciale ? Le chef du service politique de TF1 et LCI s’explique : « Parce qu’on est à quelques semaines d’une élection, les européennes, où, selon toute vraisemblance, la formation politique de Marine Le Pen va réaliser un score très important. » La même logique est à l’oeuvre que sur BFM-TV : des sondages annoncent un résultat favorable pour le RN, il est donc urgent de lui ouvrir tous les micros.

Le service public n’est pas en reste. « L’émission politique » du 14 mars sur France 2 constitue le dernier épisode en date de cette séquence de promotion médiatique. Un extrait relayé avant l’émission annonçait déjà la couleur : Thomas Sotto, interrogeant Marine Le Pen… sur son amour pour ses chats. Un échange passionnant qui n’a pas manqué de susciter l’ironie voire l’indignation sur les réseaux sociaux. L’émission est à l’avenant : pendant plus de deux longues heures, Marine Le Pen occupe l’antenne. Le résultat ? C’est Nathalie Saint-Cricq, cheffe du service politique de France 2, qui en parle le mieux dans son debriefing : « globalement, elle est hyper dédiabolisée ». Et en détail, cela donne cette tirade édifiante :

« Moi, je l’ai trouvée assez efficace, j’ai trouvé qu’elle avait travaillé […], qu’elle était dans le constat ce qui lui permet plus facilement d’arrondir les angles. Elle n’est pas contre les riches, elle est pour les pauvres. Elle aime bien les bons gilets jaunes, mais elle défend aussi les policiers. Tout est de la faute du gouvernement. Donc pendant toute la première partie on a eu quelqu’un d’assez consensuel et qui était dans le constat et finalement son constat, on pouvait le partager, et c’était une sorte de constat mainstream . Après les choses se sont un peu plus gâtées avec Nathalie Loiseau et avec Matteo Renzi parce que là, on n’était plus dans le constat on lui demandait des solutions […] et là ça a patiné un petit peu plus mais globalement, elle est hyper dédiabolisée et elle a travaillé et elle n’est plus excessive comme elle pouvait l’être avant, ni pas très professionnelle. »

En résumé donc : une belle séquence d’« hyper dédiabolisation » offerte en direct et à une heure de grande audience par le service public.


***


Depuis janvier, les chaînes d’information en continu font la chronique annoncée du triomphe de Marine Le Pen. Ils décrivent, sur la foi de sondages, tantôt une « résurrection », tantôt une « reconquête » en vue des élections européennes. Emissions spéciales à l’appui, ils évoquent des Français « fascinés » par la famille Le Pen. Tout est bon pour expliquer le succès annoncé de l’extrême-droite. Pour certains commentateurs, les mobilisations de gilets jaunes auraient profité au Rassemblement national – alors même que les obsessions migratoires de Marine Le Pen n’apparaissent pas dans les revendications exprimées par les gilets jaunes.

Cette séquence, qui prend des allures d’auto-hypnose médiatique, a un effet performatif - lorsqu’est annoncée sur tous les tons et registres la « dédiabolisation » du RN. Elle fonctionne également comme une forme de prophétie auto-réalisatrice, en écrivant à l’avance la « dramaturgie » des élections européennes comme un « match » entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Et en écrasant, sur les plateaux télévisés, toute alternative à ce duel sous le brouhaha médiatique.


Frédéric Lemaire (avec Pauline Perrenot et Florent Michaux)

Annexe : les représentants du Rassemblement national dans les radios et télévisions

Nous avons effectué le décompte des invitations de représentants du RN dans les radios et chaînes de télévision du 1er janvier au 17 mars 2019, sur la base de la liste des interventions médiatiques recensées sur le site du RN.

Les médias recensés sont : BFM-Business, BFM-TV, C8, CNews, Europe 1, France 2, France 24, France 3, France 5, France Bleu, France Culture, France Info, France Inter, I24, LCI, LCP, Paris Première, Public Sénat, Radio Classique, RCF, RFI, RMC, RT, RTL, Sud Radio, TV5 Monde.

On compte un total de 233 invitations médias sur 76 jours, soit une moyenne de 3 invitations par jour sur l’ensemble des médias concernés. Ce palmarès est largement dominé par BFM-TV (71) et CNews (60) y compris en comparaison avec d’autres chaînes d’information en continu (14 pour LCI).

par Frédéric Lemaire, pour ACRIMED

 

18/09/2018

La Fête de l’Humanité bat son record de fréquentation… et (presque) personne n’en parle, ce qui agace le PCF

fete huma 2018 foule.jpg

La Fête de l’Humanité qui s’est déroulée à La Courneuve du 14 au 16 septembre 2018 a connu une très forte affluence battant son record avec 800 000 visiteurs. LE PCF, organisateur de l’évènement, s’étonne que la presse nationale ait accordé plus d’importance à Marine Le Pen ayant fait un discours devant 1 000 personnes.

« Ce weekend a été historique pour les militants communistes. Notre fête, la Fête de l’Humanité a explosé les compteurs en terme de participation en dépassant la barre des 800 000 visiteurs, soit 6 fois plus que les Eurockéennes de Belfort. Cette affluence fait de la Fête de l’Humanité la plus grande fête populaire de France, mais c’est aussi un évènement culturel incontournable avec plus de 60 concerts, avec un village du livre accueillant près de 200 auteurs, des spectacles vivants, des expositions… C’est aussi et surtout l’évènement politique incontournable  de la rentrée avec la présence de nombreuses personnalités du monde politique, syndical, sportif ou associatif. C’est aussi la présence  de stand venant de toute la France (comme le stand de la Fédération du Doubs du PCF avec ses 50 militants bénévoles), aux côtés des stands de partis progressistes du monde entier » décrit le PCF dans un communiqué.

« Nous avons vu plus de personnes sous le stand du PCF de Doubs ce week-end qu’il n’y en a eu devant Marine Le Pen »

Il explique également que « pendant ce temps, Marine Le Pen lance sa campagne européenne à Fréjus devant 1 000 personnes. Même pas un quart des militants bénévoles de la fête de l’Humanité. Il y a d’ailleurs fort à parier (même si nous n’avons pas tenu les comptes) que nous avons vu plus de personnes sous le stand du PCF de Doubs ce week-end qu’il n’y en a eu devant Marine Le Pen, et que la teneur des nos débats étaient bien plus dense politiquement que le vide idéologique du repli identitaire prôné par le Rassemblement national – (ex FN) ».

« Comment s’étonner alors que le RN sort en tête des sondages des européennes si le micro lui est tendu en permanence ? »

Le PCF a constaté qu’à la radio ou dans la presse papier/internet, « tout le monde parle de Fréjus et la Courneuve apparaît dans le meilleurs des cas dans les faits divers. » Et d’ajouter : « Comment s’étonner alors que le RN sort en tête des sondages des européennes si le micro lui est tendu en permanence ? » questionne le parti d’extrême gauche.

Il conclut : « Les communistes qui sont attachés à une presse libre et pluraliste se demandent parfois les raisons qui poussent les éditorialistes à nous écarter de l’actualité traitée par leurs journaux. »

31/08/2018

Intox. Pas de masturbation au programme

fake-news-education-sexuelle.jpg

Après la promotion de la pédophilie, voici le gouvernement accusé de vouloir enseigner l’onanisme aux élèves de maternelle... En cette veille de rentrée, les rumeurs les plus fantaisistes ont fleuri, avec un inquiétant succès sur les réseaux sociaux.

C’est un cas d’école de désinformation. « Dès la rentrée 2018 », menace un tract distribué dans les transports à Paris, « un intervenant extérieur » va venir « apprendre la masturbation » et « expliquer l’homosexualité et l’amour anal » à vos enfants. Un avertissement qui s’accompagne depuis le début de l’été de plusieurs vidéos du même acabit. Ainsi, le 26 août dernier, une page Facebook intitulée Roubaix News prétendait dévoiler un « document établissant les bases d’une éducation sexuelle à l’école », alarmant de nombreux internautes.

À l’intérieur de celui-ci, on découvre par exemple que nos bambins de 4 ans seront dès la rentrée éduqués à découvrir « le plaisir de s’exhiber », ou formés aux « jeux génitaux ». Du grand n’importe quoi ? Évidemment. Sauf que la publication est partagée plus de 10 000 fois en une journée et que certains parents s’inquiètent. « J’ai appris la nouvelle via les réseaux sociaux début août.

J’ai passé beaucoup de temps à trier le vrai du faux, mais ce que j’ai trouvé ne me rassure pas. Si je ne travaillais pas, je déscolariserais mes enfants », témoigne ainsi Laïla, mère de deux enfants de 5 et 7 ans.

Des sites d’extrême droite à la manœuvre

Archétype de la fake news, le document relayé par Roubaix News n’est autre qu’un rapport daté de 2008 qui propose des réflexions aux enseignants suisses, comme l’a révélé le Monde mardi. Cette intox a vu le jour suite à la promesse de Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, le 19 juillet, de relancer, par le biais d’une circulaire, les trois séances annuelles d’éducation à la sexualité. Un enseignement pourtant prévu dans la loi depuis 2001, dont les seuls objectifs sont d’apprendre aux élèves (à partir de la primaire) « le respect du corps humain », et de promouvoir « une vision égalitaire » des relations femmes-hommes.

Particulièrement ciblée, Marlène Schiappa est aussi accusée de vouloir légaliser la pédophilie. À l’origine de ces rumeurs : des sites d’extrême droite comme La gauche m’a tuer ou Réseau libre. Ces as de la fachosphère accusent la secrétaire d’État de ne pas inclure dans sa loi contre les violences sexistes et sexuelles la présomption de non-consentement pour les enfants de moins de 15 ans. Si cette modification n’a pas été introduite dans le texte – pour cause de possible inconstitutionnalité –, rien n’a été changé sur la pénalisation de la pédophilie. Bien au contraire.

La nouvelle loi allonge la durée de prescription des crimes de nature sexuelle sur mineurs et instaure de nouvelles sanctions. Depuis le début de l’été, cette rumeur va pourtant bon train et a même été relayée par des personnalités politiques, parmi lesquelles le conseiller régional RN (ex-FN) Olivier Monteil ou la conseillère municipale LaREM Agnès Cerighelli.

Des rumeurs entretenues par les groupes complotistes, qui appellent à manifester devant toutes les préfectures de France pour la rentrée. Avec quelles chances de succès ? Le ministre Jean-Michel Blanquer a en tout cas tenu à démonter l’intox, mercredi, lors de sa conférence de presse de rentrée : « Je demande à chacun et à chacune (...) de ne pas chercher à créer des peurs là où ce n’est pas nécessaire. » Ces campagnes de désinformation rappellent furieusement celles de l’automne 2014, lancées contre le projet des « ABCD de l’égalité », qui visait à déconstruire les stéréotypes de genre. À l’époque, l’exécutif dirigé par François Hollande avait fini par plier devant les coups de boutoir de la fachosphère.

22/03/2018

États-unis. 200 millions d’électeurs fichés, profilés via Facebook

facebook détournement.jpg

Pierric Marissal, Journaliste, spécialiste des nouvelles technologies. L'Humanité

Un lanceur d’alerte a révélé comment l’entreprise Cambridge Analytica a orchestré la campagne présidentielle de Donald Trump en aspirant des dizaines de millions de comptes Facebook américains pour créer des profils électoraux.

«Nous avons utilisé Facebook pour récolter des millions de profils de personnes. Et construit des modèles pour exploiter ce que nous savions à leur sujet et cibler leurs démons intérieurs », a expliqué Christopher Wylie, le lanceur d’alerte qui a révélé les pratiques de Cambridge Analytica à l’hebdomadaire britannique The Observer, le week-end dernier.

L’entreprise avait un accord avec Facebook, lui permettant d’accéder aux profils des États-Uniens et de récupérer leurs données, utilisées pour profiler les électeurs et influencer la campagne américaine. « Ce n’est pas une fuite, le réseau social était au courant et n’a révoqué les droits de Cambridge Analytica que la semaine dernière », assure Fabrice Epelboin, spécialiste en cybersécurité et enseignant en géopolitique du numérique à Sciences-Po Paris. Pour autant, les plus de 50 millions d’États-Uniens dont le profil a été absorbé et analysé n’ont jamais donné leur consentement. La sévère chute en Bourse de Facebook ces deux derniers jours en est la conséquence.

« Il y a une transformation du capitalisme, qui devient de surveillance »

De plus, Cambridge Analytica avait lancé un grand jeu concours sur le réseau social : un test de personnalité, présenté comme un travail de recherche réalisé par des psychologues. C’est sur cette application-là que le lanceur d’alerte travaillait. 270 000 personnes ont répondu, ce qui a permis de croiser les données de Facebook avec ces profils psychologiques détaillés. Des milliers de petites mains, payées à la tâche sur des plateformes de microtravail comme Amazon Mechanical Turk, ont permis ensuite de rendre ces monceaux de données digestes pour un algorithme. « Ce qui, dans un second temps, a permis à Cambridge de créer un outil qui, à partir d’un simple compte Facebook, peut donner le profil psychologique de la personne, poursuit Fabrice Epelboin.

Il faut environ 70 likes pour commencer à déduire un profil cohérent : qui est plutôt dépressif, maniaque ou autre… » Outre ce profil psychologique, l’outil peut permettre de déterminer les orientations sexuelles, religieuses et surtout politiques. Entre 2014 et 2016, 200 millions d’électeurs ont ainsi été fichés, profilés via Facebook. « Il suffit ensuite d’envoyer sur le mur d’un homme identifié comme hétérosexuel républicain à tendance paranoïaque une information anxiogène sur l’immigration pour orienter son vote vers Trump. Et des articles, vrais ou non, sur la corruption des Clinton à un électeur de Bernie Sanders un peu déprimé pour le convaincre de s’abstenir », résume Fabrice Epelboin. L’outil de Cambridge Analytica permettait ainsi de sponsoriser des contenus précis sur les murs Facebook des électeurs pour leur adresser l’information voulue.

Ils ont pu mesurer individuellement le niveau d’engagement (si la personne a cliqué, aimé ou partagé l’information) de chaque contenu sponsorisé pour connaître l’efficacité de la propagande. Et la structure même des élections américaines – tous les États ne votent pas en même temps – leur a permis de créer des stratégies locales et d’affiner dans le temps leur campagne.

« Il y a une transformation du capitalisme, qui devient de surveillance, analyse Fabrice Epelboin. Et en changeant, le capitalisme modifie nos structures démocratiques, nos formes de gouvernance. Cette campagne en est une preuve, l’appareil de propagande politique a complètement été bouleversé », poursuit-il. Aux manettes de cette campagne, on trouvait Steve Bannon, suprémaciste blanc qui a amené le soutien du Ku Klux Klan à Donald Trump. Ce membre du conseil d’administration de Cambridge Analytica était également directeur de la campagne du candidat républicain. Mieux, il a aussi été le dirigeant du site Breitbart News, pourvoyeur à grande échelle (50 millions de visiteurs uniques par mois) de fake news très marquées à l’extrême droite.

En 2016, ce même Steve Bannon disait que « la France est l’endroit où il faut être, avec ses jeunes entrepreneurs, les femmes de la famille Le Pen… » et annonçait son intention d’ouvrir une antenne de Breitbart News pour la campagne présidentielle française. Un projet qui a pris du retard, mais il a commis un discours très remarqué lors du dernier congrès du parti il y a dix jours, aux côtés de Marine Le Pen…

 

11:33 Publié dans Eclairage, Manipulation, Réseaux sociaux | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : facebook, usa, manipulation | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | |