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15/01/2018

Amis de l’humanité. « La fierté de ce que nous sommes »

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Caroline Constant, L'Humanité

L’assemblée générale des Amis de l’Humanité s’est tenue à Paris. L’occasion pour le directeur du journal, Patrick Le Hyaric, de déployer ses projets pour le groupe Humanité.

«Les temps sont durs pour les humanités. » Jean-Emmanuel Ducoin, secrétaire national des Amis de l’Humanité et rédacteur en chef du journal, a ouvert samedi, à la Maison des métallos à Paris, l’assemblée générale annuelle de l’association. Durs mais pas désespérés, comme il l’a rappelé avec le directeur de l’Humanité et député européen, Patrick Le Hyaric. D’abord, parce que l’association elle-même compte plus de 1 000 adhérents, ce qui n’était pas arrivé depuis cinq ans ; ensuite, parce qu’elle a développé 60 comités locaux, dont la moitié sont très actifs. Au-delà, ce qui se joue, c’est la survie du journal, dans un monde politique mouvant, où les habitudes de lecture changent, où la gauche est éclatée, où les aides à la presse sont menacées…

Une survie qui tient pour beaucoup à la réactivité des lecteurs

Patrick Le Hyaric l’a précisé avec force : partout dans le monde, à l’heure où la presse écrite indépendante traverse une crise sans précédent, on nous envie la survie de l’Humanité. Qui tient, pour beaucoup, à la réactivité de ses lecteurs : les étrennes de l’Humanité, lancées le 4 décembre, ont ainsi rapporté en un mois tout juste près de 300 000 euros. « Je remercie celles et ceux qui font cet effort supplémentaire. Je sais ce que ça coûte dans la période », a salué le directeur du journal.

Une nouvelle souscription va être lancée début février. Pas pour « sauvegarder » le journal, mais pour lancer le groupe Humanité dans « un projet de développement qui combine le quotidien, le magazine, avec un lectorat à élargir, et notre plateforme numérique ». Et les bases de développement existent : « Chaque jour, 350 000 personnes sont en contact avec l’Humanité. Nous avons 800 000 abonnés à nos comptes Facebook, 350 000 sur Twitter, 200 000 sur Instagram. Chaque mois, 7 millions de personnes passent sur nos plateformes numériques. Ce sont des bases considérables », a salué Patrick Le Hyaric. Sans compter le succès de la Fête de l’Humanité, qui rassemble près de 500 000 personnes, et que « tout le monde nous envie ».

Il a aussi souligné que les trois supports de l’Humanité intéressent au-delà de notre propre courant d’opinion, avec « 1 000 à 1 200 contributeurs qui ne sont pas de notre entourage direct, ni de notre courant d’opinion, et qui ont donné une ou plusieurs contributions ». « Il nous faut avoir la fierté de ce que nous sommes et de ce que nous produisons, même si c’est critiquable », a-t-il souligné. Le groupe de presse « multicanal » envisagé par la direction de l’Humanité permettrait de répondre au rôle que « nous avons à jouer à ce moment précis de l’histoire. On a l’impression que nous sommes sous un rouleau compresseur face auquel il n’y aurait rien. Mais il ne faut pas sous-estimer ce qui est train de mûrir dans la société française et qui cherche à éclore, qu’il ne faudra pas chercher à guider, mais à nourrir en permanence ».

Et le directeur a fait une mise au point : « L’Humanité n’est pas un journal qui prône une contre-société, mais qui veut permettre à chacun et à chacune de fédérer tout le monde, dans la sphère progressiste. Même ma voisine qui a changé de vote et qui a voté Macron n’a pas changé de valeurs. Elle se pose des questions, peut-être même plus que moi. Elle est mobilisable », et la lecture des trois supports de l’Humanité peut lui permettre de modifier son regard, demain, sur la société.

« Mon souci permanent, a-t-il répété, c’est de sortir de ce marasme, de développer le journal, pour rendre service au mouvement progressiste. » Or, il constate : « On lit trop souvent l’Humanité à travers le prisme de ce qu’on pense soi-même. Mais l’Humanité rend compte d’événements qui ont eu lieu, et ce n’est pas à nous de dire ce qu’il faut penser. Nous devons donner des informations pour que chacun se forge une opinion. Ne cherchez pas dans le journal ce que vous pensez déjà. »

Pris régulièrement à partie par des militants du PCF et de la France insoumise, le directeur refuse « d’être pris en tenaille par les partisans des uns et des autres » qui menacent à intervalles réguliers de se désabonner. « On ne peut pas juger l’Humanité sur la base d’un article ou d’une séquence. Nous sommes le journal de la question sociale, et nous sommes le seul, sur la géopolitique mondiale, sur la paix, la solidarité, le désarmement nucléaire, la culture et les savoirs, les volets Histoire de l’Humanité Dimanche, les pages réflexion, nos invités. » Même s’il veut qu’« on se dépasse, pour améliorer la lecture des journaux ».

Objectif : réunir 3,5 millions de personnes par jour

L’ambition pour le journal est forte : réunir 3,5 millions de personnes par jour, sur les titres et via Internet et la plateforme numérique. Le directeur compte sur « un apport de 8 millions d’euros pour désendetter l’Humanité ». Il précise par ailleurs « qu’aucun journal n’est aujourd’hui à l’équilibre économique, ceux qui y arrivent, c’est uniquement par l’apport de leurs actionnaires ». Il a donné les grands rendez-vous à venir de ce premier semestre : la sortie d’un hors-série sur Karl Marx, le 17 février, accompagnée d’un « forum Marx » à la Bellevilloise, à Paris, dans le cadre de l’année Marx. Un autre hors-série, en mai, sur « Mai 1968-Mai 2018 », qui portera notamment sur la question sociale. Enfin, à la mi-avril, l’Humanité tiendra un grand banquet populaire. Un moment où seront conviés Amis et lecteurs, pour la relance du journal et le lancement de la prochaine édition de la Fête de l’Humanité.

17/12/2017

Le podcast, une nouvelle façon d'écouter la radio

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Jessica Berthereau / Les Echos
 
Fini, la radio de papa écoutée en direct. De plus en plus d'auditeurs privilégient ces programmes audios téléchargés pour être écoutés à sa guise. Une nouvelle manière, plus intime et plus originale, de consommer de l'audio. Au-delà des rediffusions, la création « native » explose.

« Une fois que vous avez commencé, vous ne pouvez plus vous en passer ! » prévient Gus Brandys. De quoi s'agit-il ? D'une drogue ? Non, mais c'est tout comme pour ce professeur d'histoire-géographie à Genève. Il pousse un soupir. « Je n'aurais jamais dû mettre le pied dans l'engrenage. » Comprendre : les oreilles dans le casque. Car Gus Brandy parle ici des podcasts, ou balados, comme le disent plus poétiquement les Québécois ; ces programmes audio, issus de la radio ou non, que l'on peut télécharger puis écouter à tout moment depuis son smartphone. Gus fait défiler ceux auxquels il est abonné. Rapide calcul : « Je dois dépasser les 50. Je suis vraiment un très gros consommateur... »

Le podcast, c'est addictif, tous les fans de ce format audio vous le diront. Il est vrai qu'il s'adapte à merveille à nos modes de vie. Un trajet en métro ou en voiture, une séance à la salle de sport, un peu de ménage à la maison ? Hop, on visse le casque sur ses oreilles, on effleure le petit triangle Play et nous voici transportés dans un autre monde. « C'est devenu mon premier réflexe. Dès que je pars de la maison, je regarde si j'ai de nouveaux épisodes », confie Mathilde Lacombe, cofondatrice de Joliebox (aujourd'hui Birchbox). Ecouter des podcasts a révolutionné ses longs trajets quotidiens entre Reims, où elle vit, et Paris, où elle travaille. « J'ai découvert les podcasts il y a deux ans avec le phénomène Serial aux Etats-Unis [enquête sur un meurtre, NDLR], se souvient-elle. Ce que j'adore, c'est Le côté à la demande, je choisis ce que j'écoute. »

Son cocktail radiophonique ? Affaires sensibles et Le Billet de Nicole Ferroni, sur France Inter, Transfert, sur Slate, How I Built This et Génération XX, à propos de l'entrepreneuriat. Soit un mélange d'émissions de radio podcastées et de podcasts dits natifs, créés par des médias non radiophoniques, des réseaux de podcasts sur Internet ou encore des indépendants. Il y en a pour tous les goûts. Les barrières à l'entrée étant minimes - un simple micro de téléphone peut suffire à enregistrer du contenu sonore - des centaines de podcasts ont été lancées sur tous les sujets possibles et imaginables.

Combler un vide médiatique

C'est pour trouver des « contenus sur des thèmes qui ne sont pas traités ailleurs, comme la pop culture ou les jeux vidéo » qu'Arnaud Delevacque, ingénieur en informatique et « podcastovore assumé », s'est tourné vers les podcasts indépendants. Parmi ses préférés, l'inclassable Riviera Détente d'Henry Michel, Les Démons du MIDI sur la musique des jeux vidéo ou encore Pardon Maman, balado de vulgarisation vulgaire. Difficile d'imaginer de telles émissions à la radio, média de masse aux contenus fédérateurs.

« Il y a une forte demande pour des formats originaux, à la fois plus informels et plus anglés, des contenus personnalisés, avec un parti pris et un ton qui sort de l'ordinaire », observe Joël Ronez, cofondateur du réseau de podcasts Binge Audio, lancé fin 2016. Pour Lauren Bastide, créatrice du balado féministe La Poudre, « le podcast vient combler les vides médiatiques ». Elle cite en exemple les nombreux podcasts lancés à destination des Afro-descendants, comme Le Tchip diffusé sur Arte Radio, le pionnier du podcast qui a fêté ses quinze ans début novembre.

Ce format audio répond aussi à un autre besoin : celui de ralentir, de s'extraire de la frénésie de l'info en continu et de l'instantanéité des réseaux sociaux, en se glissant dans une bulle le temps d'un épisode. « Les podcasts sont une vraie bouffée d'air frais, une pause dans ma consommation quotidienne de réseaux sociaux, témoigne Ingrid. Avec les podcasts, je prends enfin le temps, je choisis ce que je veux écouter et je prends même parfois la liberté de revenir sur un passage bien précis pour en prendre note. » Cette trentenaire, consultante en relations publiques à Paris, affectionne tout particulièrement les balados de conversation. « Ecouter les parcours inspirants de femmes ou d'hommes, connus ou inconnus, entrepreneurs ou non, mais qui ont des projets et de vraies convictions, me booste. J'aime le fait qu'ils se confient en toute intimité sur leurs doutes, leurs réussites et leur équilibre. »

Intimité... Voilà bien un mot-clé du succès du podcast : l'intimité d'une conversation entre l'hôte et son invité autour d'un micro qui se fait rapidement oublier ; l'intimité qui se développe entre le podcasteur et son audience au fil des épisodes ; l'intimité d'un son reçu au creux de l'oreille. Pour Constanze Stypula, directrice d'Audible France, « c'est une intimité qui renvoie les auditeurs à leur enfance, à ce temps où on leur lisait une histoire ». Sans surprise, les podcasts qui racontent des histoires, vraies ou fictionnelles, d'anonymes ou de personnalités, sous forme d'interview-fleuve ou de mises en récit façon storytelling américain, sont justement ceux qui ont le plus de succès. « L'audio parlé est une catégorie distincte, qui n'est comparable ni à la lecture, ni à la vidéo, poursuit Constanze. Je pense que la vue nous empêche parfois de vraiment écouter une personne. » L'audio demande moins de concentration que la lecture mais ne nous hypnotise pas autant que peuvent le faire les écrans. Sans image à regarder, notre cerveau est plus attentif à tout ce qu'une voix peut véhiculer d'émotions, de nuances, de sentiments... Une étude publiée récemment dans la revue scientifique American Psychologist (1) suggère que la voix seule est le meilleur vecteur pour détecter les émotions de quelqu'un.

Cette sensation d'intimité est renforcée par la forte subjectivité qui caractérise le podcast. Les hôtes y mettent beaucoup d'eux-mêmes. « Quand je parle, je n'ai pas du tout le ton du journaliste, je suis dans la vie comme dans mes émissions », assure Patrick Beja, qui se définit comme un « artisan du podcast », créateur notamment du balado Le RV Tech sur l'actualité de la technologie et d'Internet. C'est pour ça qu'une relation très forte se noue entre le podcasteur et ses auditeurs. Ils ont l'impression d'être invités à la table des animateurs et de rigoler avec eux. C'est exactement ce que ressent Arnaud Delevacque. « On a le sentiment d'être assez proche des personnes qui animent les podcasts, on finit par avoir l'impression de les connaître et c'est un plaisir de les retrouver à chaque épisode, comme si on rejoignait des amis. » Au fil du temps, des contacts se nouent avec le podcasteur mais aussi entre auditeurs, tout d'abord virtuels sur les réseaux sociaux et des forums dédiés puis de visu lors d'enregistrement en public et de rencontres. La bulle s'agrandit. Le podcast se matérialise en une communauté.

L'ADN communautaire des balados

Chez Qualiter, qui produit notamment l'émission de société numérique Studio 404, il est « aussi important de faire des podcasts que de faire des choses pour notre communauté », explique FibreTigre, l'un des cofondateurs de cette petite maison de production de balados. Début novembre, ils se sont retrouvés avec une cinquantaine de leurs auditeurs dans les Pyrénées pour leur deuxième Post-Qamp déconnecté.

Au programme : « Pas d'heure ni de data, de smartphones, de casques audio ou appareils photos, mais plein d'activités et de gens joyeusement déboussolés. » Vous n'en saurez pas plus, il était interdit de communiquer. Cet esprit communautaire est dans l'ADN des podcasts francophones les plus anciens, comme ceux de RadioKawa, mais les plus récents ne sont pas en reste. Lauren Bastide n'en revient toujours pas du nombre d'auditrices avec lesquelles elle échange : « C'est dingue, je reçois des dizaines de messages tous les jours, des témoignages où elles se confient sur leur vie, leurs études, leur couple, leur sexualité... C'est quelque chose que je n'ai jamais connu en écrivant pendant dix ans dans le magazine 'Elle'. »

Pour Julien Cernobori, longtemps journaliste à Radio France et maintenant auteur de Super Héros, un podcast de récits de vie, « on est placé sur un piédestal à la radio alors que le podcast crée beaucoup de proximité ».

Julien Cernobori chérit la liberté avec laquelle il peut façonner son balado. « Faire parler une personne anonyme pendant une heure et demie, voire deux heures, n'aurait jamais été possible à la radio. » En s'affranchissant de la nécessité de plaire au plus grand nombre et des contraintes d'une grille des programmes, le podcast offre un espace de liberté et de créativité quasiment sans limite, sur la forme comme sur le fond, qui rappelle à certains l'ère des radios libres.

Ceux créés par des amateurs présentent souvent un côté artisanal qui fait leur charme, même si une qualité sonore trop médiocre peut finir par décourager certains auditeurs. Car plus on écoute de podcasts, plus on devient exigeant. Ne serait-ce que pour des questions de temps. « Il y en a tellement que je suis obligé d'être très sélectif. Je préfère toujours écouter un programme qui va vraiment m'apprendre quelque chose », souligne Gus Brandys, pour qui les balados représentent « une manière incroyable de se cultiver. J'ai appris énormément de choses très utiles pour ma profession et ma vie en général ». Il divise ses écoutes en deux catégories : celles qui nourrissent son métier, comme Les Enjeux internationaux ou Rue des écoles sur France Culture, et celles qui abreuvent ses passions, comme NoCiné, Un Episode et J'arrête, ou encore des fictions terrifiantes telles que Archives 81.

Pour beaucoup, le podcast vient étancher une soif d'apprendre. « Dans cette époque où l'on éprouve le besoin de se nourrir intellectuellement en permanence, le podcast permet de ne plus laisser de plage de vide », relevait à ce sujet Charlotte Pudlowski, la créatrice de Transfert, lors d'une récente conférence sur les balados organisée par le studio Nouvelles Ecoutes. « Nous avons un besoin de productivité permanente, ce qui n'est d'ailleurs pas toujours très sain. » Drôle de paradoxe.

Le podcast offre une respiration loin de la frénésie médiatique mais on l'utilise aussi pour se remplir la tête à chaque moment qui serait autrement jugé perdu ou sous-exploité. Ce ne sont pas les enceintes connectées intelligentes, c'est-à-dire dotées d'un assistant personnel, qui vont changer cette tendance, bien au contraire. Leur arrivée dans nos foyers pourrait conduire à une explosion des usages. « C'est le dernier maillon de la chaîne. Les enceintes connectées vont complètement ubériser le marché de l'audio », prédit Joël Ronez de Binge Audio. Une simple commande vocale et le dernier épisode de votre podcast préféré se met à résonner dans votre salon pendant que vous faites le ménage.

Né avec la numérisation de l'audio, le balado n'a pas fini de bénéficier des évolutions technologiques. Pour Jeanne Robet, réalisatrice sonore, auteure notamment de Crackopolis, la série documentaire audio sur le Paris du crack, « une des branches d'avenir du podcast est l'écoute géolocalisée ». C'est-à-dire des contenus sonores qui se déclenchent au fil d'un parcours en fonction de la position GPS de l'auditeur pour faire revivre une ambiance, raconter l'histoire d'un lieu, relater une fiction dans un décor plus que réel... Jeanne rêve ainsi de créer une course-poursuite à écouter en faisant son jogging. Imaginez-vous chaussant vos baskets, logeant vos écouteurs dans vos oreilles et partant à toute allure aux trousses du héros.

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30/08/2017

La radio Pirate, Radio Veronica

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Radio Veronica était une radio pirate offshore indépendante qui a émis depuis un bateau-phare à destination des Pays-Bas et d'Europe du Nord à partir de 1960 et pendant 14 ans sans interruption, une durée inégalée par aucune autre radio pirate.

Radio Veronica a commencé à émettre en 1960 depuis le Borkum Riff ancré au large des eaux territoriales néerlandaises en mer du nord, un ancien navire allemand construit en 1911. Un bateau de pêche lui livrait les cassettes de musiques. Le 6 mai 1960, les émissions régulières débutèrent.

radio veronica2.jpgEn 1964, un nouveau navire a été acheté, le Norderney. Cet ancien chalutier pris le relais du Borkum Riff. Au cours de son histoire, Radio Veronica parvint à devenir la plus populaire du pays pourtant en concurrence avec Radio North Sea International.

Le 28 juin 1974, la Chambre des députés néerlandaise vota par quatre-vingt-quinze voix contre trente-sept pour l'interdiction des stations pirates installés en mer, ce qui provoqua l'arrêt de la diffusion de Radio Veronica.

La Norderney arrêta ses émissions le 31 août à 18h, mais le navire resta en mer jusqu'au 11 août 1975 où elle fit une rentrée triomphale en Hollande accueilli par des milliers de personnes qui vinrent saluer son arrivée.

Le bateau fut alors transformé en discothèque et restaurant.Après la fermeture de la radio, certains membres de l'équipe d'origine se constituèrent en une société légale qui détient aujourd'hui encore une chaîne télévisée néerlandaise.Une association de soutien se créa et atteint jusqu'à 1,25 millions de sociétaires et en 1995, dès que la loi l'y autorisa, la radio elle devint commerciale.

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27/07/2017

« quand on dépasse les bornes, il n’y a plus de limites »

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Suite à l’article du Monde Magazine, daté du 1er juillet « Le trésor perdu du PCF », Pierre Laurent a écrit au directeur de rédaction. Voici le contenu de la lettre:

A l’attention de M. le Directeur de rédaction

LE MONDE – M Le Mag

80 Boulevard Auguste Blanqui

75 013 Paris

Monsieur le directeur,

Je sais bien que nous sommes en été et qu’il vous faut cependant remplir les pages de vos journaux. Je sais bien qu’il est devenu aujourd’hui un banal marronnier de se payer la tête du PCF en croyant étriper son histoire. Mais enfin, comme dit le sapeur Camembert, « quand on dépasse les bornes, il n’y a plus de limites ». Et là, dans l’article du Monde Magazine, daté du 1er juillet « Le trésor perdu du PCF », elles ont été allègrement franchies. On pouvait s’attendre à du sérieux, nous n’avons eu que du ridicule et de l’approximatif grotesque ce qui est bien dommage pour la réputation de votre journal. Ce papier ressemble plutôt à une mauvaise copie dans laquelle le potache cherche à épater le correcteur à coups de formules « choc » quand il ne fait qu’étaler son ignorance.

Il serait trop long – et cet article ne le mérite pas – de reprendre point par point erreurs et confusions. Il est en effet comique de voir « La Maison de la pensée française »  située  « au sein de la cantine de l’usine Renault à Boulogne-Billancourt ». Il est tout aussi bouffon qu’ André Fougeron et Édouard Pignon soient déclarés « peintres officiels du parti communiste français » (ils doivent se retourner dans leur tombe). Il est ridicule de présenter Les Lettres françaises comme « une revue » (vos « prodiges » n’en ont sans doute jamais eu un exemplaire sous les yeux !). Autant de perles auxquelles s’ajoutent quelques touches de mauvaise foi, par exemple rendre le PCF responsable du fait que des éditions luxueuses acquises par des bibliophiles soient aujourd’hui revendues (par qui ?) à prix d’or dans les salles des ventes… Encore un effort, et vos folliculaires pourraient peut-être accuser le PCF du prix exorbitant de certaines affiches de mai 1968 qui se vendent aussi très bien aujourd’hui !

Mais cessons là et venons en au fond. L’article cherche en fait à tourner en ridicule de grands artistes qui voulaient – quelle folie ! – « rendre l’art accessible aux classes populaires » et n’auraient été ainsi que des gogos aveugles sinon stupides, et on parle là, je vous le rappelle, de Fernand Léger, Pablo Picasso, Louis Aragon, Paul Eluard, Pablo Neruda, Édouard Pignon, entre autres. Ceux qui dressent ce réquisitoire semblent tout ignorer de l’histoire du XXe siècle et étalent, à peu de frais, leur mépris pour ces grandes figures ! Pour ce qui concerne l’apport des uns et des autres à l’humanité, la lutte est bien inégale, non ?

Je suis tout autant meurtri que vous ayez publié sans barguigner un papier aussi méprisant pour les ouvriers qui semblent, dans vos colonnes, voués à une bêtise indécrottable. Nous sommes décidément là en plein racisme social, délivré par ceux qui se posent comme « élite » éclairée et donneuse de leçons. Peut-être pourriez-vous leur apprendre qu’Édouard Pignon, né dans une famille de mineurs, fut d’abord ouvrier (galibot, puis manœuvre dans le bâtiment), que Fernand Léger naquit dans une famille de paysans, que etc… Et qu’on n’est pas condamné, notamment grâce à l’action d’un parti comme le nôtre, au déterminisme implacable de ses conditions sociales d’origine. Peut-être encore pourriez-vous leur signifier que bien des villes ouvrières doivent notamment aux communistes leur théâtre, leur cinéma, leur médiathèque, leur salle d’exposition… Et que la fameuse formule d’Antoine Vitez « être élitaire pour tous » est toujours aujourd’hui une excellente définition du combat communiste.

Au milieu de toutes ces fadaises, votre article répand aussi un pseudo-scoop, un peu réchauffé en fait car il a déjà été utilisé dans vos colonnes, mais pour une autre œuvre de Fernand Léger. En 2007, une délégation de la direction du PCF se serait rendue auprès du directeur d’un grand musée d’Art moderne avec l’intention de vendre la tapisserie de Fernand Léger « J’écris ton nom Liberté » qui est évidemment toujours accrochée dans l’immeuble du PCF, place du Colonel Fabien. Ce courageux directeur, qui n’hésite pas à confier à la presse pareille baliverne, souhaite rester anonyme, et on le comprend. Je ne vous demande pas de révéler son nom, car fort légitimement vous protégez vos sources mais je vous mets au défi de donner à vos lecteurs les noms des dirigeants qui composaient cette fantomatique délégation. Là, il ne devrait pas y avoir pour vous de gros problèmes déontologiques, puisque – vos collaborateurs le démontrent – tous les coups sont permis contre le PCF. Mais sachez-le, je dors tranquille !

place colonel fabien.jpgUne dernière remarque : vos « journalistes » évoquent l’immeuble d’Oscar Niemeyer comme « un vrai bijou de famille entretenu comme une vieille Chevrolet cubaine par les derniers communistes ». On mesure la finesse du style et la hauteur de vue. Mais voilà qui ne va pas faire plaisir au ministère de la culture qui a inscrit l’immeuble au « Patrimoine » et aux dizaines de milliers de visiteurs annuels de ce site dont ils apprécient le geste architectural. Oui, le PCF s’honore de faire vivre ce haut lieu culturel au cœur de la capitale.

Monsieur le directeur, vous connaissez la boutade d’Alexandre Dumas : « J’aime mieux les méchants que les imbéciles, car parfois ils se reposent. » Je vous laisse le soin de choisir la catégorie dans laquelle ranger les auteurs de cet article. Mais dites-leur bien de ma part : nous sommes en été, et surtout qu’ils se reposent… Pour conclure, serait-il excessif de vous demander de présenter des excuses à tous les communistes pour ces fariboles que votre journal a publiées ? Je vous laisse juge.

Pierre Laurent

Secrétaire national du Parti communiste français