Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

06/05/2014

Traitement médiatique des manifestations du 1er mai : des titres évocateurs

huma1ermai.jpgLe traitement des manifestations du 1er mai aurait mérité une analyse détaillée de son contenu, tous médias confondus. Mais pour nombre d’entre eux (excepté pour la presse national, l'Humanité), il suffit de comparer les titres, selon qu’ils concernent le Front National ou les syndicats.

Depuis 1988, le Front National fait son défilé le 1er mai. Cette année, le défilé d’extrême droite a rassemblé 5 300 personnes selon la police, 20 000 selon le FN. Il n’y a qu’un seul rassemblement FN pour toute la France, des bus (une centaine selon le parti) partent de plusieurs fédérations pour se rendre à Paris, ces chiffres valent donc pour l’ensemble du pays.

Les syndicats, dans l’ensemble de la France ont réunis 210 000 manifestants, 99 000 selon la police. Rien qu’à Paris ils étaient 65 000. Comparé à 2013, le FN annonce 5 000 personnes de plus cette année, les syndicats enregistrent 50 000 participants supplémentaires.

- Le Monde, s’agissant de la manifestation du Front National, titre en une de la rubrique « Politique » sur le site internet : « Devant la statue de Jeanne d’Arc, Marine Le Pen mobilise pour les Européennes »

… À comparer avec ce titre du Blog du Monde « Question(s) sociale(s) : « Un 1er-Mai syndical maussade ».

L’article sur le Front National parle de « démonstration de force » et le dernier paragraphe commence cette phrase : « Marine Le Pen aborde ce 1er-Mai en position de force ». En revanche, dans l’article sur la mobilisation des syndicats, on insiste sur « Un 1er-Mai syndical en demi-teinte qui montre la difficulté persistante des syndicats à mobiliser ». Le vocabulaire utilisé est à l’image de ce que l’on veut faire dire : « n’a pas impulsé de vraie dynamique », « on était très loin des grands 1er-Mai », « une certaine déception »... Et de rappeler qu’en 2009 il y avait bien plus de participants.

On pourrait penser que cette différence de traitement vient donc du fait que les chiffres du FN étaient « exceptionnels » cette année ou jamais atteints jusqu’ici. Et que c’est pour ça que 20 000 personnes, c’est une victoire du FN, et 210 000 une défaite pour le syndicalisme. Mais ce n’est même pas le cas puisque ne serait-ce qu’à sa toute première manifestations du 1er mai, en 1988, comme le rappelait Politis en 2012, le FN avait rassemblé 10 000 personnes de plus que cette année.

- Du côté du Figaro on est plus explicite :

- « 1er mai : Marine Le Pen déclare la guerre à "cette Europe" »

- « Le 1er Mai 2014 fait un gros flop »

Le premier paragraphe du premier article commence par cette phrase : « La présidente du Front National a prononcé un discours de combat sous la pluie et les applaudissements de milliers de militants et sympathisants ». En revanche, l’article consacré aux syndicats souligne ironiquement : « Banderoles, tracts, musique : rien ne manquait à cette mobilisation… sauf l’affluence ».

- Pour Les Échos :

- « Européennes : le FN appelle "le peuple à exprimer sa colère dans les urnes" »

- « Un 1er Mai sans relief marqué par la désunion syndicale »

- Sur le site de Libération si les titres sont plutôt factuels s’agissant des syndicats, ceux qui concernent le Front National soulignent l’effort de mobilisation :

- Ainsi, aux alentours de 8h, avant les défilés et à six minutes d’écart Libération publie d’abord deux articles : « Le FN en “démonstration de force” pour le 1er mai », puis « Désunion syndicale pour le défilé du 1er mai ». Et une fois connus les chiffres des deux manifestations : « Défilés anti-austérité dans toute la France pour le 1er mai » ; « À un mois des européennes, Marine Le Pen galvanise ses troupes ».

- En ce qui concerne La Croix les titres sont un peu moins évocateurs :

- « Marine Le Pen mobilise son électorat pour les Européennes »

- « 1er mai : 100.000 manifestants en colère contre "l’austérité" »

Mais le second article se conclut ainsi : « Mais les syndicats peinent à convaincre. À peine un tiers des Français (32 %) accordent leur confiance aux organisations syndicales, selon un sondage Ifop publié jeudi. »

***

Ainsi, sur cinq grands titres de la presse quotidienne, le FN comptabilise six titres à consonance positive dans le sens où ils insistent sur une « mobilisation » ou un appel (« exprimer sa colère » ou « déclarer la guerre à l’Europe »). Du côté des syndicats, on peut compter deux titres plutôt positifs (« 100 000 manifestants », « dans toute la France »), et quatre franchement négatifs : « sans relief », « désunion », « gros flop », « maussade ». Le tout alors que les deux défilés, comparé à l’an dernier, ont augmenté dans une même proportion et que les syndiqués étaient dix fois plus nombreux que les militants d’extrême droite.

  Clément Labrune, pour Acrimed

16:47 Publié dans Eclairage, Journal | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : manifestation premier mai, journaux, syndicats, fn | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | |

10/05/2013

La presse écrite au bord de l’asphyxie financière

Liberte-Hebdo-1061.jpgConfrontée à une crise financière aigüe, la presse voit certains titres disparaître des kiosques. Le directeur de « l’Humanité » en appelle au soutien financier pour que vive la démocratie d’opinionPresse quotidienne nationale et régionale, presse magazine... à l’image de ce qui se passe dans le monde, la presse écrite va mal. Peu de titres échappent à la crise.

Elle n’est pas que française. Des titres ferment en Grèce, en Espagne, aux États-Unis et ailleurs. D’autres basculent sur le tout-numérique, par choix ou le plus souvent contraints.

En France, la diffusion de la presse quotidienne est en baisse régulière depuis cinq ans. En 2012, elle a perdu 7,79 %, une année où deux titres ont disparu des kiosques. « France-Soir » est devenu numérique. La formule n’a pas tenu. Son nouveau propriétaire tente une nouvelle aventure sur iPad. « La Tribune » a cessé son édition papier en semaine pour une édition sur Internet. Mais doit se séparer de 10 de ses 26 membres.

En 2012, la presse magazine subit, elle aussi, un recul de 4,42 % (chiffres OJD).

Début 2013, la plupart des quotidiens ont augmenté leur prix de vente. Pour compenser un recul des recettes publicitaires, la baisse des ventes au numéro. Pour développer aussi leur stratégie numérique. Parfois dans la douleur. Parfois avec une frénésie numérique qui laisse craindre des lendemains qui déchantent.

 Raison pour laquelle « la Croix » a opté pour une solution bimédia (papier plus Internet) qui conserve le papier comme un socle. Autres moyens, autre voie. « Le Figaro » passe par un plan de départs de 70 à 90 personnes pour financer un investissement de 18 millions d’euros sur trois ans portant sur son développement numérique et le lancement d’un Figaro TV avec l’ambition d’atteindre rapidement plus de cent vidéos par jour sur son site.

Une stratégie qui devrait permettre au groupe de Serge Dassault de concourir au fond Google destiné à favoriser la transition numérique (60 millions d’euros sur 3 ans).

« Libération » traverse une passe particulièrement difficile avec un recul de ses ventes vertigineux. Après un repli de 10 % en janvier, celles de février ont enregistré un nouveau recul de 11 % dû, pour une bonne part, à un effondrement des ventes en kiosques de 23,5 % sur la même période. Pour ajouter à ses difficultés, le quotidien traverse une crise en interne sur des choix rédactionnels comme cette une relayant la rumeur d’un pseudo-compte en Suisse de Laurent Fabius.

Les ventes d’« Aujourd’hui en France » (édition nationale du « Parisien » éditée par le groupe Amaury) ont chuté également en février de 10,4 % (– 5,5 % pour « le Parisien »). Dans la famille « magazines », la crise fait aussi des ravages. « Marianne » a chuté de 8,26 % en 2012.

« L’Express » n’a certes perdu que 0,82 %, mais le groupe franco-belge Express-Roularta met en oeuvre un plan social avec pour objectif de réduire de 10 % la masse salariale de l’entreprise, soit environ 80 personnes. « Le Nouvel Observateur » est en léger retrait (0,25 %) sur 2012. Mais a dû faire face à une série d’explications musclées entre la direction et sa rédaction choquée, comme nombre de lecteurs, par la couverture et le traitement de l’affaire « DSK-Marcela Iacub ».

presse,journaux,crise,l'humanitéDans ce paysage bouleversé et malmené, où les journalistes eux-mêmes s’interrogent sur le sens de leur travail, « l’Humanité » et « l’Humanité Dimanche » occupent une place singulière fidèle à l’esprit de Jaurès dont, en 2014, nous commémorerons le centenaire de son assassinat, année des 110 ans de « l’Humanité ». Mais l’heure est à l’urgence. En lançant dans « l’Humanité » un appel pour une souscription populaire pour faire face à d’importantes diffi-cultés financières, Patrick Le Hyaric directeur des deux titres, l’a rappelé : « Comme l’ensemble de la presse écrite, notre journal subit, depuis plusieurs semaines, des effets violents de la crise générale » (lire cicontre).

Dans un contexte de risque d’asphyxie financière pour la presse écrite et plus encore pour nos titres qui ne sont pas adossés à des groupes, la tentation est grande, et certains s’y engouffrent, de jouer la carte dutout-numérique. « L’Humanité » va poursuivre son travail de modernisation de sa plate-forme numérique mais aussi améliorer la qualité de ses journaux, oeuvrer à une diffusion plus importante.

Mais il y a aussi un contexte politique à faire valoir. Comme le souligne Patrick Le Hyaric, « la lecture de “l’Humanité” et de “l’Humanité Dimanche” est un moyen utile pour aider à la mobilisation populaire et unitaire pour faire front contre les puissances d’argent, la droite et l’extrême droite, et pour obtenir un nouveau contrat politique à gauche ».

Article publié par l'Humanité Dimanche

10:39 Publié dans Actualités, Informations, Journal, Réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : presse, journaux, crise, l'humanité | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | |

23/03/2012

35 millions de Français lisent la presse écrite chaque jour

humamelenchon.jpgLes premiers résultats de l'étude One d'audience de la presse ont été présentés, lors de la publication du 22ème observatoire de l'OJD.

« La presse écrite est belle et vivante, arrêtons de dire qu'elle est en crise ! ». En évoquant ce matin les résultats de l'étude One, qui mesure pour la première fois l'audience de tous les titres de presse (quotidiens et magazines), Sébastien Danet, président de Vivaki, a tenu à rappeler le dynamisme de certains titres et le rôle majeur de la presse dans les dispositifs des annonceurs.

Car la presse reste un média puissant : 35 millions de Français lisent au moins un titre par jour, soit 69 % des Français. Et toutes les grandes familles de presse restent représentées : 30 % des titres lus appartiennent à la famille Féminins-Santé-Cuisine-People-Famille, 20 % sont des quotidiens, 17 % des magazines dits « à centre d'intérêt », 14 % des magazines de télévision, 10 % des news ou des magazines économiques, et enfin 10 % des titres de la famille Maison-Décoration-Jardin.

Baisse globale des diffusions

Pour autant, cette puissance peine à masquer la baisse globale des diffusions l'an dernier. Selon le 22ème observatoire de l'OJD, lui aussi présenté ce matin, la diffusion France payée de la presse grand public a reculé en 2011 de 2,3 %. Elle avait déjà baissé de 2,2 % l'année précédente. Au total, elle a perdu 15 % depuis 2001. Toutes les familles de presse ont baissé l'an dernier : -2,04 % pour la presse quotidienne et -3,1 % pour la presse magazine.

Dans cette dernière catégorie, les news et les autres magazines d'information ont plutôt bien résisté (-0,8 % et -0,5 %), contrairement à la presse people (-4,67 %), la presse de télévision (-3,3 %), ou même les féminins (-2 %). La presse masculine a particulièrement souffert l'an dernier (-27 %). Ayant subi de plein fouet l'impact des mutations numériques, la presse technique et professionnelle a également accusé une baisse de 5,7 % l'an dernier, soit près de 60 % en dix ans.

Dans ce paysage global, certains n'en ont pas moins tiré leur épingle du jeu. Nouvelles formules et innovations ont en effet permis à certains titres de progresser -et de se voir récompensés d'une étoile OJD. Au tableau d'honneur cette année, « Libération », « Les Inrockuptibles », « Le Nouvel Observateur », ou encore, parmi les mensuels, « Modes & Travaux » et « Détours en France ».

Les sites Internet du Figaro et de Sud Ouest ont de même été primés. « Le Télégramme » et lequipe.fr ont de leur côté reçu l'étoile de la constance dans le succès. « Les Echos », enfin, n'ont pas à rougir de leurs performances puisqu'ils ont été nominés dans deux catégories (presse quotidienne et constance dans le succès).

Anne FEITZ, les Echos

 

 

14:09 Publié dans Actualités, Journal | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : journaux, audience, presse, humanité, mélenchon | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | |

30/10/2011

Les tablettes moins intéressantes pour les médias écrits, révèle une étude

SiPadmedia.pngi les tablettes électroniques se vendent, qu’en est-il du contenu journalistique payant qui prend d’assaut ces gadgets? Les résultats d’une étude réalisée par le Programme d’excellence en journalisme du Pew Research Center, qui ont été publiés en début de semaine, pourraient bien avoir l’effet d’une douche froide sur les enthousiastes des nouvelles numériques.

Au dire de cette étude, 11 pour cent des adultes américains possèdent désormais une tablette numérique d’une marque ou une autre, et ce après que l’arrivée du iPad d’Apple sur le marché eut fait exploser la demande pour ce type d’appareil. De ce nombre, un peu plus de la moitié (53 pour cent) s’en servent pour consulter les informations sur une base quotidienne, explique le Pew Research Center, avant de préciser qu’une majorité affirme ne pas avoir l’intention de s’en servir pour acheter de l’information à consulter sur ces tablettes.

Les faits, s’ils peuvent en étonner plusieurs, font dire à Alan Mutter que le potentiel de vente de nouvelles via ce type de gadgets semble « limité », et l’euphémisme est ici bien choisi. M. Mutter, qui a eu une longue carrière dans les médias écrits avant de passer à la télévision, puis aux compagnies spécialisées sur le web dans la fameuse Silicon Valley, ajoute, sur son blogue Reflections of a Newsosaur, que 14 pour cent seulement des détenteurs de iPads et tablettes – selon les données de l’étude – possédaient une application d’information payante.

Le coup de sonde, conduit auprès de 1200 utilisateurs de tablettes par le Pew Research Center et The Economist Group, vient davantage fragiliser l’idéal journalistique autrefois représenté par les tablettes. Présentées comme des appareils pouvant sauver les médias écrits de la crise – entre autres par Steve Jobs, défunt patron d’Apple -, les tablettes ne seraient ainsi qu’un débouché aux possibilités limitées.

Dans le rapport présentant les conclusions de l’étude, les auteurs précisent que la façon dont les premiers acheteurs de tablettes consomment leur information est surprenante. Lorsque le iPad a débarqué sur le marché, rapidement suivi de ses concurrents, plusieurs observateurs croyaient que les tablettes pourraient aider à modifier l’expérience des consommateurs d’information et les règles économiques de base de la consommation de nouvelles sous forme électronique.

Cette croyance, explique l’étude, était basé sur l’impression que les gens consommeraient de l’information via des applications spécialisées ou des applications servant d’agrégateurs de nouvelles. Les utilisateurs téléchargeraient les applications, qui pourraient être facturées par les médias, ce qui les rendraient plus intéressantes pour les publicitaires.

Les résultats de l’étude, toutefois, tendent à prouver le contraire. Quarante pour cent des répondants ont dit consulter les nouvelles principalement à partir d’un navigateur web, tandis que 31 pour cent utilisent, dans une même proportion, les applications et les navigateurs, et que seuls 21 pour cent des personnes interrogées utilisent principalement des applications.

Perspective encore plus décevante pour les responsables de médias, des gens n’ayant pas acheté directement une application pour avoir accès à des nouvelles (soit 86 pour cent des répondants), seuls 21 pour cent seraient d’accord pour débourser cinq dollars par mois si cela était la seule méthode pour accéder à leur source d’information préférée sur tablette.

La partie est ainsi bien loin d’être gagnée pour les médias. Le salut se trouverait-il dans les ententes avec les fournisseurs de tablettes pour faire signer un contrat de plusieurs années avec les abonnés leur donnant accès à une tablette et au journal sous forme numérique? L’enthousiasme des lecteurs de L’Acadie Nouvelle, dans les provinces atlantiques, pour ce genre d’entente, est peut-être précurseur d’une vague qui pourrait déferler au Québec et dans la région de Toronto, quand le groupe Gesca et deux quotidiens torontois présenteront respectivement leurs propres plans en ce sens.

Du côté de Quebecor, qui a lui aussi lancé son propre forfait tablette et accès à ses médias il y a quelques semaines, la force de l’empire médiatique, avec ses nombreux quotidiens, mais aussi ses magazines, pourrait lui donner une longueur d’avance.

Publié par http://www.pieuvre.ca/

19:01 Publié dans Actualités, Blog, Journal, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tablettes, journaux, ipod | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | |