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07/02/2026

Désinformation climatique : CNews, Sud Radio, RMC et Europe 1 sur le podium

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En 2025, 665 cas de désinformation climatique ont été recensés sur les antennes françaises. CNews, Sud Radio, RMC et Europe 1 figurent parmi les médias les plus concernés, selon l’Observatoire des médias sur l’écologie.

La désinformation climatique s’installe durablement dans le paysage médiatique français. C’est le constat dressé par l’Observatoire des médias sur l’écologie, qui a recensé 665 cas de fake news en 2025, dans un bilan publié ce jeudi 5 février. Sur le podium des médias menteurs, on retrouve en tête et sans surprise Sud Radio, CNews, RMC et Europe 1. En moyenne, 13 fausses informations par semaine ont été détectées sur l’ensemble de l’année, avec des pics lors des débats politiques sur la stratégie énergétique de la France.

L’Observatoire pointe une responsabilité partagée : « 32 % des propos proviennent d’invités, 24 % d’invités politiques et 20 % de journalistes eux-mêmes et 80 % de ces cas, prononcés par des journalistes, sont recensés sur CNews et Europe 1 ». Les narratifs les plus récurrents remettent en cause le réchauffement climatique, le coût des énergies renouvelables ou encore les véhicules électriques… Certaines figures médiatiques, comme Pascal Praud sur CNews, incarnent cette ligne éditoriale où le scepticisme climatique s’exprime sans réel contradicteur.

Le climatoscepticisme porté par l’extrême droite

Mais faut-il vraiment s’étonner de ces résultats ? Ces médias, sont rattachés à une sphère idéologique marquée à l’extrême droite, et se distinguent déjà par des discours complotistes, xénophobes ou islamophobes. Leur propension à minimiser l’urgence climatique s’inscrit dans une logique plus large… L’inquiétude est d’autant plus grande que CNews a été désignée première chaîne d’information de France en 2025 par Médiamétrie. Un succès d’audience qui interroge sur la responsabilité des médias dans la formation de l’opinion publique à l’heure de la crise climatique.

Pour établir son rapport, l’Observatoire a analysé des centaines d’heures d’antenne, passées au crible grâce à une intelligence artificielle, avant une vérification humaine. Un paradoxe subsiste toutefois : lutter contre la désinformation écologique en mobilisant une technologie dont l’impact environnemental est lui-même largement documenté, ça a un côté contre-productif…

L’Observatoire des médias sur l’écologie élargira également son champ d’analyse à la presse écrite en février 2026. Une étape supplémentaire pour mesurer l’ampleur d’une désinformation qui menace le débat démocratique autant que l’avenir environnemental.

26/11/2025

La gauche durant la nuit, l’extrême droite durant la journée : Reporters sans frontières étrille CNews et son manque de pluralité

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Reporters sans frontières a analysé 700 000 bandeaux des principales chaînes françaises d’information en continu, durant le mois de mars 2025. Selon leur enquête, publiée mercredi 26 novembre, la chaîne d'extrême droite CNews continue de contourner ses obligations en termes de pluralité.

CNews ne respecte pas le pluralisme dans les temps de parole. La proportion de la chaîne d’extrême droite, vitrine politique du groupe Bolloré, à tordre les règles inscrites dans sa convention est connue. Les enquêtes se sont multipliées, comme les alertes auprès du gendarme de l’audiovisuel français, l’Arcom.

L’organisation non gouvernementale (ONG) Reporters sans frontières (RSF) vient d’apporter une nouvelle preuve au dossier déjà bien rempli de CNews. Dans une enquête rendue publique mercredi 26 novembre, RSF annonce avoir passé au crible les antennes des quatre chaînes françaises d’information en continu (BFMTV, CNews, Franceinfo, LCI) du 1er au 31 mars 2025.

« CNews triche »

L’ONG spécialisée dans la défense de la liberté de la presse a pu, grâce à l’aide du journaliste indépendant Antoine Schirer, développer un outil automatique de capture d’écran – toutes les dix secondes – qui aurait permis d’analyser 700 000 bandeaux. « CNews, loin de respecter le pluralisme à l’antenne comme elle s’en targue, triche », est donc en mesure de confirmer RSF. L’ONG a, en conséquence, prévu de saisir l’Arcom.

CNews a mis en place, ces dernières années, un système de « rattrapages nocturnes » pour donner « l’illusion du pluralisme politique » et « rendre une copie propre à l’Arcom », rappelle RSF. Et ce sans même parler de son habitude à camoufler les prises de paroles des Éric Zemmour, Philippe de Villiers et consorts derrière l’étiquette de chroniqueur, malgré leurs ambitions électorales.

Le principe est simple : « La gauche arrive largement en tête pendant que les Français dorment et l’extrême droite occupe, et de loin, la première position aux heures de forte audience. » Soit la multiplication des « tunnels » de conférences ou discours de responsables insoumis ou socialistes au milieu de la nuit pour rééquilibrer les temps de parole.

RSF chiffre, dans le cadre de son enquête, ce « grand écart vertigineux » : aux heures de grande écoute, de 7 à 10 heures et de 18 à 21 heures, l’extrême droite (notamment le Rassemblement national et Philippe de Villiers) cumule 40,6 % d’exposition contre 15,4 % pour la gauche – la France insoumise (LFI), le Parti communiste français (PCF), le Parti socialiste (PS), Europe Écologie-Les Verts (EELV). Durant la nuit, de minuit à 7 heures, le rapport s’inverse avec 60,1 % d’exposition pour la gauche contre 1,6 % pour l’extrême droite.

« Deux fois plus que l’ensemble de ses trois concurrentes réunies »

« Au cours du mois étudié, aucune autre chaîne n’a opéré une telle différence de traitement », pointe Reporters sans frontières. RSF s’est aussi penchée sur les thématiques traitées par les chaînes, et relève qu’au mois de mars, CNews a couvert plus d’une centaine de faits de violence ; « deux fois plus que l’ensemble de ses trois concurrentes réunies ».

Quant à la condamnation de Marine Le Pen dans l’affaire des assistants de parlementaires européens, le 31 mars, l’analyse de RSF montre que sur CNews, 147 minutes de temps de parole ont été consacrées à la critique de la décision de justice, contre… 11 minutes pour la défendre.

Une enquête qui tombe à un moment où la droite et l’extrême droite prennent d’assaut l’audiovisuel public (France Télévisions, Radio France), accusé de partialité en faveur des idées de gauche. La frange droite de l’Hémicycle a même obtenu l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire sur « la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public », lancée mardi 25 novembre.

La saisine de l’Arcom par RSF pourrait, elle, suivre le même chemin qu’une précédente ayant poussé le Conseil d’État à sommer l’Arcom, en février 2024, de renforcer ses contrôles. Le gendarme de l’audiovisuel avait dû revoir son fonctionnement et ne plus se limiter le décompte des temps de parole aux personnalités politiques, mais aussi à l’ensemble des participants aux programmes diffusés, y compris les chroniqueurs.

08/07/2024

44 % des téléspectateurs du JT de TF1 ont voté RN : comment les chaînes influencent le vote

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Plusieurs études et chercheurs confirment que chaque JT a son public et que, dans les moments de grande tension politique, telle la campagne des législatives anticipées, certains médias « se mettent à défendre plus ouvertement les intérêts de leurs patrons ».

La chaîne de référence d’un citoyen dit-elle quelque chose de son positionnement idéologique ? Participe-t-elle à conforter son vote ? C’est ce qu’affirme une étude Ifop commandée par Marianne au lendemain des élections européennes. Près de 44 % des téléspectateurs du 20 heures de TF1 interrogés affirment ainsi avoir voté pour la liste du RN, contre 7 % pour celle du Parti socialiste ou 6 % pour celle de la France insoumise.

Les rédactions se sont retrouvées sur le pied de guerre à la suite de la dissolution surprise de l’Assemblée nationale, le 9 juin. Des journalistes n’ont pas hésité à outrepasser le métier pour influer sur les scrutins. « Cette campagne des législatives s’est présentée comme un récit feuilletonnant », explique Céline Ségur, enseignante-chercheuse au Centre de recherche sur les médiations à l’université de Lorraine.

« C’était un gros bazar, le débat s’est exacerbé avec des mensonges proférés à l’antenne », pointe Pierre Mouchel, délégué syndical central CGT à France Télévisions. Une situation dans laquelle les chaînes se sont repliées sur des publics déjà acquis, en confortant leur positionnement politique.

« Complaisance pour l’ex-majorité présidentielle »

De quoi pousser des salariés à une remise en question : « Nous sommes tous en pleine introspection et un regard critique est plus que sain », mesure auprès de l’Humanité un journaliste de TF1 souhaitant conserver l’anonymat. Aux européennes, les habitués du JT de France 2 ont, quant à eux, voté en majorité pour la liste conduite par Raphaël Glucksmann (Place publique et PS, 26 %) et en faveur de celle menée par Valérie Hayer (Renaissance, 23 %).

Ce qui n’a pas manqué de faire réagir dans les rédactions lors des législatives anticipées : « Nous trouvions qu’il pouvait y avoir une complaisance pour l’ex-majorité présidentielle par rapport au Nouveau Front populaire, notamment au travers du traitement de Nathalie Saint-Cricq », rapporte Pierre Mouchel, qui temporise cependant les résultats de l’étude. « Les chaînes ont des sociologies de téléspectateurs très différentes. Il faut faire attention aux biais d’interprétation », souligne-t-il.

L’enjeu est pourtant fondamental : le traitement médiatique d’une campagne est devenu indissociable de la campagne elle-même. Les législatives anticipées ont d’ailleurs généré, du 9 au 21 juin, un « bruit médiatique proche de celui qu’avait provoqué la campagne présidentielle en cinq semaines en 2022 », démontre une étude de la Fondation Jean-Jaurès publiée le 26 juin.

L’institut fait état – télévision et radio compris – de 16 124 contenus (reportages, interviews, débats) consacrés aux législatives sur cette période. Soit, pour les deux journaux télévisés les plus suivis que sont le 20 heures de TF1 et celui de France 2, respectivement cinq et sept sujets quotidiens en moyenne.

Bardella et Ciotti ont été les deux représentants politiques les plus mentionnés

Le tumulte qui s’est créé autour de l’union entre la ligne Ciotti des « Républicains » et le Rassemblement national (RN) a notamment occupé une grande place. Poussés par plusieurs chaînes, comme celles du groupe Bolloré, Jordan Bardella et Éric Ciotti ont été les deux représentants politiques les plus mentionnés (respectivement 1 005 et 844 fois) dans les médias, juste derrière Emmanuel Macron (2 014 fois).

La personnalité de gauche la plus mentionnée, Jean-Luc Mélenchon, n’arrive, quant à elle, qu’en sixième place, malgré une cabale orchestrée contre le Nouveau Front populaire.

Au-delà de ce déséquilibre, « il y a une séparation des publics en fonction des choix de vote, estime Céline Ségur. Traditionnellement, les titres de presse ont des lignes éditoriales assez marquées, ce qui est moins le cas pour la télévision, car la plupart des chaînes ne diffusent pas uniquement de l’information ».

Dominique Pinsolle, historien à l’université de Bordeaux Montaigne et plume régulière du Monde diplomatique, y décèle, lui, une réalité structurelle : « Chaque fois qu’il y a un moment de tension politique dans l’histoire contemporaine, les médias se mettent à défendre plus ouvertement les intérêts de leurs patrons. » L’auteur de À bas la presse bourgeoise ! (éditions Agone) ajoute : « Les grands médias ont des biais politiques sur n’importe quel sujet. Ils n’apparaissent juste pas systématiquement au grand jour. »

La dernière séquence politique fait figure d’exception. « L’annonce de la volonté du RN de privatiser France Télévisions a forcément eu un impact sur les rédactions, estime Pierre Mouchel. On a vu la chute en Bourse de TF1. »

La suite des événements se révélera déterminante pour le secteur télévisuel, alors que le Nouveau Front populaire est sorti en tête du second tour des législatives, que le groupe Bolloré (CNews, C8, Canal Plus) amplifie sa propagande d’extrême droite et que, parallèlement, l’Arcom auditionne depuis lundi les candidats à l’un des quinze canaux de la TNT.

Source l'Humanité

18:54 Publié dans Actualités, Informations, Télévision | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : télévision, bardella | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | |

04/03/2024

France: quelle place pour la guerre de Gaza dans les JT de 20h?

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Le massacre du 7 octobre et le début d'une nouvelle guerre dans la bande de Gaza ont créé une onde de choc médiatique planétaire. Pourtant, après 150 jours de guerre et plus de 30 500 morts, la couverture médiatique du conflit est irrégulière sur le petit écran des Français

Le 7 octobre, en quelques minutes, la guerre en Ukraine avait disparu des médias. Pour un instant seulement. À la différence de la guerre en Ukraine qui depuis février 2022 conserve une part importante dans le paysage audiovisuel français, la guerre qui se déroule dans la bande de Gaza semble tombée aux oubliettes, principalement à la télévision, alors que le conflit se durcit chaque jour un peu plus et que le bilan des morts ne cesse de croître.

« Il y a une invisibilisation des Palestiniens, et de manière générale une invisibilisation de l'ensemble du conflit, très mal traité ou peu traité. C’est un vrai manquement au devoir d'information, tout simplement. C’est une catastrophe, un naufrage. » Le constat de Célia Chirol est sans appel. Doctorante et chercheuse en anthropologie des médias, elle est la première à s’être penchée sur la couverture médiatique de la guerre à la télévision française lors de la grand’messe du 20h sur les chaînes traditionnelles que sont TF1, France 2 et M6, soit 12,5 millions de téléspectateurs au total. À l’origine, une interrogation : pourquoi aucun JT n’a relaté l’audience historique de la CIJ ? « Sur les 20 JT analysés du 8 au 14 janvier, seulement 29 secondes de temps d’antenne ont été consacrées à Gaza et au sort des Palestiniens. Plus en détails, cela donne 5 secondes pour TF1, 10 secondes pour M6 et 14 secondes pour France 2. » Et encore, en fin de journaux et après les affres d’Alain Delon ou le dernier clip de Jennifer Lopez.

L’émission Arrêt sur images a de son côté pris la suite des travaux de Célia Chirol pour un constat identique : du 4 au 15 février durant les JT de 13 h et de 20 h de TF1 et de France 2, « le sort des Gazaouis ne fait l'objet d'aucune séquence dédiée, que ce soit avec un reportage ou en plateau. Et aucun journal, d'aucune chaîne, n'a indiqué sur cette période de bilan chiffré du nombre total de morts à Gaza (…) À l'inverse, les otages israéliens, ainsi que les annonces de l'État hébreu, bénéficient d'une couverture médiatique. »

« Cela peut sembler au premier abord paradoxal, mais les silences font partie du bruit médiatique, et s’intéresser à ce qui est tu, n’a pas moins d’intérêt que s’intéresser à ce qui est dit », analyse de son côté l’observatoire des médias Acrimed qui note « le processus d’invisibilisation de la petite bande côtière assiégée et bombardée et, plus globalement, des Palestiniens ».

Une lassitude du public ?

« Lorsqu’un événement, y compris un événement très fort, se produit, même s'il se prolonge, il y a toujours un phénomène qui conduit à une espèce d’épuisement. C’est un phénomène assez classique qu'on retrouve particulièrement dans les situations de guerre ou de crise », analyse Jean-Marie Charon, sociologue spécialisé dans les médias. Pourtant, la guerre en Ukraine continue d’être traitée, voire d'être au centre de la ligne éditorial du média, comme à LCI. Certains invoquent le fait que le public français se sent plus impliqué dans ce conflit, parce que plus proche de lui. « D’autres rétorqueront que les États-Unis, dont les chaînes françaises parlent énormément, sont géographiquement plus éloignés que le Proche-Orient... », nuance le sociologue.

Pour Jean-Marie Charon, un autre élément est également à prendre en compte : le conflit israélo-palestinien, qui date depuis bien avant le 7 octobre, parce qu’il est trop compliqué à comprendre par le public, parce qu’il dure depuis trop longtemps et qu’il semble sans issue, ne préoccupe plus.  « Je pense qu'il y a quelque chose qui se surajoute dans la question de la région et de Gaza : un phénomène de complexité. C'est incontestablement, si on compare là encore avec l’Ukraine, beaucoup plus complexe à analyser. Il y a à la fois des aspects historiques, des aspects liés à des cultures différentes, des aspects liés à des contextes politiques, etc. Donc là, il y a tous ces éléments qui sont perçus comme des éléments de complexification et qui là aussi peuvent amener à dire : "On ne va pas y revenir sans arrêt, de toute façon le public trouve que c'est trop compliqué". »

En 2015 déjà, Acrimed parlait du traitement du conflit israélo-palestinien en le comparant au « syndrome de Tom et Jerry » : « [Le spectateur] ne sait pas pourquoi ces deux-là se détestent, on ne lui a jamais expliqué pourquoi Tom et Jerry ne peuvent pas parvenir à une trêve durable, voire une paix définitive. […] Il devra se contenter d’une couverture médiatique qui se focalise sur la succession des événements, sans s’interroger sur les causes profondes ou sur les dynamiques à long ou moyen terme. »

Depuis une vingtaine d’années, les études, dont celle menée par La revue des médias, montrent en effet que la couverture du conflit israélo-palestinien est en baisse. Charles Enderlin, correspondant de France 2 en Israël entre 1981 et 2015, avançait en 2021 quelques explications : l’impression, chez les directeurs de rédaction, « que le conflit israélo-palestinien a perdu de son importance », la « crainte de se retrouver face à des réactions extrêmes, de la part des deux camps ». Et La revue des médias de rappeler les pressions infructueuses exercées par l’ambassade d’Israël, le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) ou le Consistoire central israélite, pour empêcher la diffusion, en 2018, du reportage d’Envoyé spécial (France 2), Gaza, une jeunesse estropiée.

Un sujet brûlant

Célia Chirol y voit aussi le fait que le sujet, en France, soit tabou et exacerbe les tensions. « Il y a aussi une autocensure de la part des médias, parce que ce conflit-là, au-delà de la complexité qu'on veut lui donner, et qui en fait n’est pas si complexe que ça, est un sujet trop "touchy" [sensible]. Il y a toujours les risques d'être accusé de ceci ou de cela… Voir par exemple l’affaire du journaliste de TV5 Monde Mohamed Kaci lors d'une interview avec un porte-parole de l'armée israélienne. 

Pascal Boniface, chercheur à l’Iris, résume la couverture médiatique du conflit israélo-palestinien en quelques mots : « La France est dans le camp occidental, et Israël en fait partie ; et cela se voit sur le plan médiatique ». Chaque mot et chaque terme employé sont scrutés à la loupe, les acteurs de la propagande, des deux côtés, étant prompts à faire feu de tout bois. 

Dès lors, pour suivre en temps réel la guerre dans la bande de Gaza, les Français doivent se tourner vers les télés étrangères ou ayant une visée internationale qui, elles, ont conservé leur couverture de la tragédie qui se déroule en direct sur BBC, CNN, France 24 ou Al-Jazeera qui couvre le conflit en temps réel 24h/24.

Traiter le conflit israélo-palestinien en France n’est pas une mince affaire, mais en dehors de la télévision, la presse écrite et les radios ainsi que leurs sites internet continuent de couvrir, à des degrés divers et bien moins que les premières semaines qui ont suivi le 7 octobre, les événements dans la bande de Gaza – et en Cisjordanie occupée - en tentant de se tenir au plus près des faits et de garder la neutralité dont doit faire preuve le métier. Autre difficulté, dans la bande de Gaza, les journalistes sont aussi les victimes et les cibles - plus de cent parmi eux ont été tués depuis le 7 octobre, tous Palestiniens - et Israël interdit aux médias étrangers de se rendre sur le terrain, une première dans un conflit armé.

Le drame survenu à Gaza jeudi 29 février lors d'une distribution humanitaire qui a fait quelque 700 blessés et 110 morts selon le Hamas (« Plusieurs dizaines de victimes » selon l'armée israélienne), a subitement ramené la guerre à Gaza à la Une des titres des JT. Un peu comme si la guerre à Gaza selon les JT était en pointillés. Peut-être le signe d'un format d'information datant de l'ORTF et aujourd'hui devenu obsolète, à l'heure des réseaux sociaux et du tout-digital.

Source RFI

Diego DIAZNombre de pages : 13220 €
Format(s) : Papier EPUB PDF