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01/09/2016

France Info : Un défi majeur pour tout l'audiovisuel public

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Communiqué de la CGT

Contrairement aux apparences, l'événement marquant de la rentrée n'est pas le lancement de la chaine info le 1er septembre mais celui de la nouvelle plateforme numérique d’information du service public qui a eu lieu bien plus discrètement le 24 août dernier.

Le lancement de l’offre publique d’information n'a de sens que dans la perspective, que nous avons toujours mise en avant, d'accompagner les nouveaux usages et de toucher sur le web les spectateurs, singulièrement les jeunes, qui ne regardent plus les infos à la télé, voire qui n'ont plus de téléviseurs et qui s'informent désormais de façon totalement délinéarisée.

« Il faut être absolument moderne », écrivait Rimbaud. C'est le pari que fait le service public de vouloir ouvrir ainsi, à l'aide des fameux « modules », orientés vers les smartphones, cette nouvelle fenêtre au décryptage et à la compréhension du monde, aux antipodes de ce « chewing-gum des yeux », ces boucles du vide que proposent le plus souvent les chaînes d'info en continu.

Le projet, on le sait, est tiraillé entre numérique et télévision. Nul doute que des arrière-pensées politiques ont pesé sur la décision d'accélérer le mouvement pour lancer dans l'urgence la chaine info sur la TNT, de façon à rendre les choses irréversibles. On n'a pas oublié qu'en 2002 le gouvernement Raffarin s'était permis de liquider le projet de bouquet TNT de Marc Tessier parce qu'il n'était pas suffisamment avancé. Mais si les uns comme les autres s'imaginent réduire la nouvelle offre d'info à un outil de communication politique, ils se fourrent le doigt dans l'œil.

Des perspectives d'avenir pour l'audiovisuel public

L'enjeu dépasse de très loin ce calendrier politique. Il impacte la quasi totalité des sociétés de l'audiovisuel public qui pourront ainsi démontrer, si les conditions du succès sont réunies, le rôle irremplaçable et la plus value du service public. Pour ces raisons, la CGT a approuvé le principe de cette offre nouvelle de global média, mais en émettant un ensemble de réserves dans toutes les instances où elle a été consultée. Et elle n’a d’ailleurs pas signé l’avenant n°7 à l’accord d’entreprise dit « chaîne info ».

La question des moyens financiers, humains et matériels est bien entendu prioritaire, compte tenu de la mise en œuvre simultanée de plans de réduction d'effectifs (500 postes à FTV et 230 à Radio France), en contradiction totale avec l'ambition de développement... Et on ne peut que déplorer le nouveau report de la réforme de la redevance qui laisse une nouvelle fois l'audiovisuel public sans modèle économique crédible, dynamique et pérenne.

Les discours tout faits sur les mutualisations, les synergies et autres gains de productivité ne suffiront pas pour atteindre les objectifs fixés. Il faudra bien que la direction et la tutelle en prennent conscience si elles ne veulent pas livrer une copie indigne du service public et entrainer l'ensemble des entreprises « partenaires » dans des tensions sociales insurmontables.

L'audiovisuel public doit être présent sur tous les fronts, au moment où la révision de son périmètre est annoncée par une droite de moins en moins complexée (voir le livre-programme Tout pour la France de Sarkozy) qui non seulement estime que l’offre publique d’info n'est « pas utile » mais aussi qu’il y a une chaîne de trop à FTV...

Contrechamp social

Pour la CGT, il faut inventer notre propre modèle social , organisationnel et éditorial, récuser les formules low cost du privé, ne pas faire de l’offre publique d’information un Cheval de Troie pour des polyvalences débridées qui tireraient l’ambition qualitative du projet vers le bas, avec conditions de travail et pratiques professionnelles dégradées.

La CGT a choisi d'exercer le contre-pouvoir syndical de façon pragmatique en obtenant la mise en place, au niveau du CCE et pour une durée de 18 mois, d'une commission d’analyse, de suivi de la mise en œuvre et d'ajustement de l'offre publique d'information (CASMOA), avec un comité de pilotage paritaire sur la question des métiers, et avec l'aide de l'ANACT (Agence Nationale pour l'Amélioration des Conditions de Travail).

Cette démarche, qui doit permettre d'infléchir le projet dans un sens plus favorable socialement, est saluée par l'Assemblée Nationale (Rapport Beffara pour la commission des finances). Elle mériterait d'être élargie à l'ensemble des partenaires du projet (Radio France, France 24, INA, en attendant peut-être LCP et Arte).

Un certain nombre de journalistes des rédactions parisiennes, qui subissent depuis des mois la fusion contestée d'Info 2015, ne veulent pas se voir imposer de collaborer à franceinfo:. D'un autre côté, nombreux sont les salariés des régions et des outre-mer qui ne comprennent pas qu'ils en soient pour l’instant exclus, alors que c’est précisément là que le service public pourra faire la différence. Les personnels de Télématin, en première ligne lors du lancement, ne veulent pas d'une mise en concurrence sauvage et revendiquent d'approvisionner la grille matinale de la Chaine Info et non l'inverse. Voilà quelques-unes des questions qui seront à régler.

Pour la CGT, afin que le projet prenne tout son sens, il devra associer toutes les composantes de l'entreprise, inclure les réseaux régionaux et ultramarins, s'appuyer sur l'expertise de nos métiers, donner la priorité à l'aspect créatif et délinéarisé sans sacrifier les bonnes pratiques professionnelles. Si l'on peut comprendre qu'un projet d'une telle ampleur ne puisse être d'emblée abouti, il devra nécessairement évoluer dans un sens toujours plus favorable à l'intérêt des salariés et à l'ambition de service public.

18:07 Publié dans Informations, Internet, Télévision | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : france info, tv, internet | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | |

26/07/2016

Turquie. Les journalistes en état d’arrestation

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Pierre Barbancey, L'Humanité

Istanbul, envoyé spécial. Quarante-deux journalistes sont sous le coup d’un mandat d’arrêt pour soutien présumé au coup d’État avorté. Les attaques contre les journalistes et les médias ont commencé il y a plusieurs mois déjà.

Des mandats d’arrêt ont été délivrés à l’encontre de 42 journalistes dans le cadre des purges tous azimuts lancées après le putsch du 15 juillet. Cinq d’entre eux auraient déjà été interpellés. Le président Recep Tayyip Erdogan avait prévenu, samedi, dans un entretien à France 24, que, « si les médias soutiennent le coup d’État, qu’il s’agisse de médias audiovisuels ou autres, ils en paieront le prix ».

Le 19 juillet, le régulateur turc des médias audiovisuels avait retiré leur licence à de nombreuses chaînes de télévision et de radio soupçonnées de soutenir le réseau du prédicateur Fethullah Gülen, exilé aux États-Unis depuis 1999, accusé d’être l’instigateur du putsch. Cette décision concernait 24 chaînes de télévision et radios et 34 journalistes, considérés comme proches de ce religieux. Ils avaient été privés de leur carte de presse. Depuis l’échec du coup d’État, plus de 11 000 personnes ont été placées en garde à vue et plus de 5 800 placées en détention. Plus de 1 000 établissements d’enseignement, 15 universités, plus de 1 200 associations ou fondations et 19 syndicats ont déjà été fermés. À ce compte-là, ce n’est plus une purge mais les écuries d’Augias.

En réalité, derrière ces attaques se cachent les règlements de comptes entre les deux ex-alliés, Recep Erdogan lui-même et Fethullah Gülen, dont le divorce est apparu en 2013, lorsque ont éclaté des affaires de corruption éclaboussant des caciques du pouvoir et des proches du président turc, largement relayées par des médias proches ou appartenant à la mouvance Gülen. L’une des journalistes recherchés n’est autre que Nazli Ilicak, figure éminente de la presse conservatrice, limogée du quotidien progouvernemental Sabah en 2013 pour avoir critiqué des ministres impliqués dans le scandale de corruption. Elle a créé une revue l’an passé, Özgür Düsünce (la libre-pensée), mais était également chroniqueuse dans un journal taxé de güleniste, Bugün.

Depuis des mois, les médias de gauche sont particulièrement visés

Est-ce que l’appartenance d’un(e) journaliste à un média fait de lui (elle) un soutien réel de la ligne éditoriale ? La question vaut d’être posée (y compris en France). L’inquiétude est grande, d’autant qu’Amnesty International affirme avoir réuni des « preuves crédibles » attestant de tortures, et même de viols, de personnes détenues en Turquie après la tentative de coup d’État ratée qui a fait 270 morts. Autre élément d’inquiétude, la situation nouvelle, l’état d’exception en vigueur, pourrait servir d’écran pour poursuivre les attaques contre les journalistes et les médias, commencées il y a plusieurs mois déjà et qui n’ont aucune affinité avec Gülen. C’est le cas, par exemple, de Can Dündar, ancien rédacteur en chef de Cumhuriyet, inculpé avant la tentative de putsch.

Les médias de gauche, qui ouvrent leurs antennes et leurs pages aux revendications kurdes, sont particulièrement visés depuis des mois. Inan Kizilkaya, rédacteur en chef du quotidien Özgür Gündem, explique ainsi que depuis qu’il a pris ses fonctions, le 27 mars dernier, il y a « pratiquement un procès chaque jour. Près de 100 instructions ont été ouvertes à mon encontre pour “propagande d’un groupe terroriste”. C’était pareil pour mon prédécesseur, Reyhan Çapan, qui vient de faire appel d’une condamnation à trois ans et demi de prison.

Depuis que la guerre a recommencé contre les Kurdes, l’État est passé à l’offensive contre nous. Il y avait déjà des problèmes s’agissant de la liberté de la presse mais ce qui restait a été balayé ». Depuis le mois de septembre, 13 journalistes ont été arrêtés au Kurdistan, seuls 4 ont été relâchés. Les journalistes qui les soutiennent sont aussi inquiétés. C’est le cas de Faruk Eren, coordinateur de l’information sur la chaîne IMC et président de la section des journalistes au sein de la centrale syndicale Disk. Rédacteur en chef d’un jour à Özgür en signe de solidarité, il est maintenant poursuivi pour « propagande de la terreur ». Nos deux confrères en appellent à la solidarité internationale. « Tout peut nous arriver. Quand on va seul à un procès, on se sent vraiment vulnérable. Mais quand on y va accompagné ou soutenu par une campagne de solidarité, on se sent beaucoup plus fort. »

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13:21 Publié dans Actualités, Informations, Journaliste | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : turquie, journaliste, arrestation | |  del.icio.us |  Imprimer | | Digg! Digg |  Facebook | |

18/06/2016

Le pluralisme dans les 20H de France2 : « A bout de souffle…! »

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Jeudi, 16 Juin, 2016, Communiqué du SNJ-CGT

« Journaliste à France 2 ou éditorialiste au Figaro ? ». C’était déjà la question que posait Acrimed le 27 mai dernier pour dénoncer l’intervention orientée anti-CGT de la « chef » du service politique de France 2 dans le 20H.

Dans le collimateur de l’éditorialiste : la CGT de Martinez et sa « radicalisation tous azimuts », qui veut paralyser le pays malgré « une base rabougrie »… Et déjà elle pointait un « mouvement qui s’essouffle »…

Si 700.000 adhérents (ça c’est vérifiable) est une « base rabougrie », que dire alors de la légitimité des partis politiques, qui, TOUS confondus, (et il y a 400 partis déclarés en France !) n’atteignent même pas le niveau des adhérents CGT !

Ou bien notre consœur ignore ce paramètre de la démocratie française, ou bien elle a décidé de ne pas en tenir compte pour servir son propos orienté !

Alors l’édito, pourquoi pas, à condition que l’exercice ne trahisse pas nos missions de service public à commencer par le respect du pluralisme et la vérification des informations !

Ainsi, que penser de cette phrase entendue ce 23 mai : « alors cette stratégie, elle est justifiée par un score en chute libre à la CGT ?...»

Mais de quel score parle-t-elle ? Qui mesure quoi ? Dans quel contexte ? Sans explication ? La phrase n’a d’autre sens que de vouloir discréditer la centrale syndicale ! Comme le font le gouvernement, le Président de la république et le chef du principal parti d’opposition ! Mais apparemment pas 59% des Français qui continuent de trouver justifiée la mobilisation contre la loi (sondage IFOP pour Atlantico juin 2016).

Et rebelote le 14 juin, la journée de mobilisation suivante et son imposante manifestation parisienne : au 20H de France 2, « ça s’essouffle… » à nouveau, c’est « le commencement de la fin… », « le chant du cygne… » et au passage, on fustige la CGT en oubliant que ce sont bien sept organisations syndicales qui continuent d’appeler à manifester contre la loi travail…

Ce communiqué n’est pas le premier à dénoncer la dérive libérale, « bien-pensante » de la rédaction de France 2 et du 20 h en semaine en particulier…

Du haut de l’esplanade Henri-de-France, « l’élite, les représentants du vaisseau amiral de l’audiovisuel public » décident donc d’indiquer au bon peuple ce qu’il faut penser, comment il faut réagir : une pensée unique bien loin de correspondre à la réalité française !!!

Le respect du pluralisme, voila ce qui s’essouffle à la rédaction de France 2 et le 20H du 14 juin dernier en est une autre caricature !

Que la déontologie journalistique soit respectée ! Le journal de 20h, ce n’est, ni la cafétéria du MEDEF, ni le buffet de l'Elysée, quel que soit le régime de son locataire !!

Et souhaitons à ces têtes de pont du 20H de France 2 en semaine que ce mouvement social ne soit pas leur « chant du cygne » !

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29/05/2016

Journaliste de France 2 ou éditorialiste du Figaro ? Nathalie Saint-Cricq face à la CGT

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Retour sur une appropriation privée du service public par une cheffe de la rédaction.

Pris dans le flot des commentaires à sens unique contre les grèves et la CGT, l’éditorial de combat de Nathalie Saint-Cricq, prononcé lors du ,JT de 20 h sur France 2 le 23 mai 2016, aurait pu passer inaperçu, si nous n’avions pas été quelques-uns à le relever [1].

Il mérite pourtant qu’on lui réserve un sort particulier. Mais d’abord regardons la responsable du service politique de France 2 et relisons sa prose.

- David Pujadas : « Et dans le même temps la CGT souhaite encore durcir et élargir le mouvement. Elle appelle à une grève illimitée à la RATP à partir du 2 juin rappelant qu’elle est le premier syndicat de l’entreprise. Elle demande la réouverture des négociations salariales et, toujours, le retrait du projet " loi travail ". Bonsoir Nathalie Saint-Cricq. »
- Nathalie Saint-Cricq : « Bonsoir David. »
- David Pujadas : « Est-ce qu’on assiste là à une radicalisation de la CGT ? »
- Nathalie Saint-Cricq : « Ah ben clairement David, à une radicalisation tous azimuts et une technique révolutionnaire bien orchestrée ou comment paralyser un pays malgré une base rabougrie et même si le mouvement s’essouffle. Alors regardez bien cette affiche, elle est d’une confondante clarté. On y parle de compte à rebours, on y voit des bâtons de dynamite, un slogan "On bloque tout", bref clairement on joue la rue et l’affrontement total. Alors la CGT de Philippe Martinez veut tout faire sauter alors que celle de Bernard Thibault laissait toujours une petite porte entr’ouverte et quand clairement la CFDT a choisi le voie de la réforme négociée. »
- David Pujadas : « Pourquoi cette stratégie ? Est-ce que ça n’est pas un pari risqué ? »
- Nathalie Saint-Cricq : « Alors cette stratégie elle est justifiée par un score en chute libre à la CGT. Mais c’est un pari risqué d’abord parce que rien ne permet de dire que cette radicalisation va dans le sens de l’histoire ou au contraire. Ensuite jouer l’explosion sociale c’est prendre finalement la responsabilité qu’il y ait un accident, un blessé ou un mort. Et puis c’est aussi risqué de se mettre à dos durablement l’opinion publique. Enfin exiger purement et simplement le retrait de la "loi travail" ben c’est jouer un va-tout qui n’a pratiquement aucune chance d’aboutir. »
- David Pujadas : « Merci Nathalie. »

Économisons nos commentaires. Cet éditorial digne du Figaro a été servi sur France 2. Or France 2 n’est pas, en principe, un média d’opinion. La chaîne est tenue, autant que faire se peut (et sans qu’il soit besoin de se bercer d’illusion sur la « neutralité ») de respecter un minimum de pluralisme éditorial.

France 2, il faut le rappeler, est une chaîne du secteur public qui prétend être une chaine de service public ! Elle n’est pas, en principe, la propriété privée de sa chefferie éditoriale.

L’engagement éditorial est une forme d’engagement militant. Et dans le cas présent l’outrance de cet engagement militant soulève au moins deux questions :

- Le CSA qui s’occupe de déontologie quand ça l’arrange, alors que ce n’est pas son rôle va-t-il s’insurger contre ce déni de pluralisme éditorial, alors que la garantie du pluralisme entre dans son domaine de compétence (ou d’incompétence…) ?

- Les journalistes de la rédaction de France 2 (du moins ceux qui sont « protégés » par un CDI) vont ils se rebeller contre cette atteinte manifeste à la mission qu’officiellement ils s’assignent ?

Naïfs que nous sommes ? La radicalisation de Nathalie Saint-Cricq mériterait que ces deux questions reçoivent des réponses.


Henri Maler (avec Denis Souchon) pour Acrimed

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